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Carnaval est codifié et contrôlé

Certains organisateurs interdisent les caricatures de Mahomet. La pratique n'a rien d'inédit. Le pouvoir a toujours la main sur la fête, relève l'ethnologue Suzanne Chappaz.

13 févr. 2015, 00:01
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"Intéressant" , dit Suzanne Chappaz à propos de l'interdiction de caricaturer Mahomet. L'ethnologue s'est penchée à plusieurs reprises sur les traditions de carnaval en Suisse. "Dans ces traditions de masques carnavalesques, une des premières figures qui émerge est celle du Sarrasin, du Maure. C'est l'ennemi traditionnel de la chrétienté. Il apparaît très tôt. Au 12e-13e siècle. Ensuite, la figure du Turc a remplacé celle du Maure. Au 17e siècle, les dignitaires allemands se déguisent en Turcs. Le plus haut placé en grand sultan. Les déguisements sont toujours des stéréotypes" , poursuit-elle. Mahomet n'apparaît pas. "Il y a toujours eu un fantasme de l'Orient, des mille et une nuits, de la polygamie."

Vieille tradition

Aujourd'hui, l'appel à ne pas caricaturer Mahomet ne trahit pas une quelconque entrave, un barrage à la liberté d'expression. "Il y a toujours eu des interdictions de ce genre. C'est très contrôlé. Les chars se préparent des...

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