Le château est vendu

La société horlogère Bovet Fleurier SA, dont le siège est à Fleurier et les ateliers à Genève, a signé une promesse d'achat du monument. Elle prévoit d'y rapatrier sa production Le château de Môtiers est vendu! L'entreprise horlogère Bovet Fleurier SA a signé, hier après-midi, une promesse de vente avec le Conseil d'Etat. Le prix de vente n'a pas été divulgué, mais le montant indiqué sur le site internet www.batec-ne.ch était hier encore de 2,5 millions de francs.

07 févr. 2006, 12:00

La société, dont le siège est à Fleurier et les ateliers à Genève, prévoit d'y rapatrier sa production et d'y installer ses bureaux. Des investissements significatifs pour la transformation du bâtiment sont envisagés, et une trentaine d'emplois hautement qualifiés seront créés. Enfin, le caractère public et culturel des lieux est préservé, Bovet Fleurier prévoyant d'y ouvrir un musée qui retracera, grâce à la collection privée de la marque, l'histoire horlogère de la région.

Retour aux sources

Pour annoncer la bonne nouvelle, le Conseil d'Etat n'a pas fait les choses à moitié. Hier en fin d'après-midi et en présence de Barbara Soleyman, directrice de Bovet Fleurier, c'est presque in corpore qu'il a rencontré les acteurs concernés par la vente. Fernand Cuche, en charge de la Gestion du territoire, Bernard Soguel, en charge de l'Economie, et Sylvie Perrinjaquet, en charge notamment de la Culture, se sont déplacés à Môtiers pour rencontrer l'un après l'autre le Conseil communal, la Fondation du château et l'association Région Val-de-Travers, tous convoqués vendredi dernier par téléphone. «Seule une promesse d'achat a été signée, rappelle Bernard Soguel. Le Conseil communal est donc le premier concerné, car un permis de construire doit encore suivre. C'est seulement à l'obtention de ce permis que la vente sera définitive.»

«Nous sommes partenaires en terme de procédure, confirme Claude-Alain Kleiner, conseiller communal. Le château n'est pas dans une zone artisanale, il faudra donc en changer l'affectation. Mais je peux dire que le Conseil communal est totalement séduit par la présentation passionnée qu'a faite Bovet Fleurier de son idée. A les entendre, le monument est à leur juste dimension pour les 30 à 40 postes qu'ils veulent y créer.»

La Fondation du château de Môtiers, quant à elle, ne sait pas vraiment de quoi sera fait son avenir. Créée pour animer la galerie d'art sise au sein du monument, elle possède une centaine d'oeuvres. Avec le changement de propriétaire et de vocation des lieux, son futur est hypothéqué.

Pour Bovet Fleurier, l'opération a des airs de retour aux sources. Edouard Bovet, natif de Fleurier, a fondé son entreprise en 1822. Celle-ci comptera jusqu'à 175 employés. Mais c'est en Chine qu'il connaîtra la fortune avec ses frères, en fabriquant des montres de poches. Il décéda en 1849 et, en 1864, la marque fut vendue. Plusieurs propriétaires se succéderont jusqu'en 1989, date à laquelle Michel Parmigiani, horloger à Fleurier, a acquis tous les droits sur cette marque, disponible depuis près d'un demi-siècle. En 1990, une société anonyme fut constituée sous la raison sociale Bovet Fleurier SA. Cette société a repris de Michel Parmigiani la marque Bovet. En 1994, Roger Guye et un associé ont racheté la société Bovet Fleurier SA et ouvert une succursale à Genève. Enfin, en 1997, la marque a été acquise par Pascal Raffy.

Pour mémoire, le château de Môtiers fut mis en vente en novembre 2005, après qu'un projet hôtelier devisé à 5,3 millions de francs eut été définitivement enterré (nos éditions des 4 et 18 novembre 2005). Le prix de vente avait été fixé à 2,5 millions de francs. / FAE