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Une fin pathétique

C'est fini! Depuis mercredi, l'équipe cycliste Astana, anciennement dirigée par Marc Biver, n'a plus de locaux à Neuchâtel. Son ex-manager ne désarme pourtant pas et poursuit ses actions en justice. Il estime les dommages subis à plusieurs millions. Vides. Les locaux du garage des Falaises n'abritent plus l'équipe Astana. Les logos du team vont bientôt disparaître pour faire place à un espace de bureaux. Marc Biver a pu trouver un arrangement avec le propriétaire des lieux. «C'est une fin pathétique», se lamente-t-il en refusant de poser pour la photo...

25 avr. 2008, 12:00

Si ce déménagement signifie la fin de la période neuchâteloise d'Astana, il ne met de loin pas fin aux problèmes de Marc Biver. En effet, sa société Zeus Sarl n'a toujours pas touché les 2,5 millions d'euros de la Fédération de cyclisme du Kazakhstan (FCK) correspondant à la dernière tranche du contrat de sponsoring signée par les parties. «Mon salaire ainsi que ceux de nos ex-directeurs sportifs Fidanza et Baffi n'ont pas été intégralement honorés», ajoute Marc Biver. L'UCI (Union cycliste internationale) n'a toujours pas libéré le montant incriminé (226 000 euros).

Une décision de justice, rendue le 10 janvier dernier, a pourtant condamné l'UCI à faire appel à une garantie bancaire déposée en 2006 par la FCK. Sur ce point, l'interprétation du règlement de l'UCI et de cette ordonnance fait litige. L'instance mondiale assure avoir fait face à ses obligations en bloquant ces fonds sur la garantie bancaire de la FCK. Cette mesure est jugée comme provisionnelle. Selon l'UCI, Marc Biver doit maintenant suivre la procédure et elle paiera le demandeur lorsqu'il aura produit une décision judiciaire ou arbitrale exécutoire en sa faveur. Ce que contestent Marc Biver et ses mandataires, qui jugent la décision de justice comme exécutoire.

«Comble de l'ironie, l'UCI n'entend même pas rembourser l'intégralité de la finance d'inscription (75 000 euros) avancée pour la saison ProTour 2008, alors même que ma société n'est plus responsable financier d'Astana», s'insurge Marc Biver. L'UCI a, en fait, retenu une partie du montant (plus de 32 000 euros) pour financer la lutte antidopage. Belle ironie de l'histoire, quand on se rappelle des tourments traversés par Astana pendant et après le dernier Tour de France...

Même s'il n'a pas totalement perdu son sens de l'humour, Marc Biver n'a pas franchement envie de rigoler. Il a, ainsi, entrepris de nouvelles actions en justice afin de faire valoir ses droits. Une demande de paiement et une plainte pénale ont été déposées devant les tribunaux. Marc Biver attaque lourdement. Cette dernière procédure implique notamment des fonctionnaires de l'UCI et la FCK.

Est, en particulier, remis en question le rôle de l'UCI dans l'éviction de la société de Marc Biver en tant que responsable financier d'Astana, au profit de Johan Bruyneel. L'activité des dirigeants kazakhs dans l'affaire de dopage ayant secoué leur équipe durant le Tour de France 2007 est aussi dénoncée.

Bref, Marc Biver sort l'artillerie lourde et entend que toute la lumière soit faite sur les événements ayant secoué son ex-équipe. Il rappelle qu'il a été mis devant le fait accompli et n'a jamais voulu couvrir ses coureurs incriminés dans des affaires de dopage. Tout le contraire des dirigeants kazakhs qui ont publiquement soutenu Vinokourov et Kashechkin. Ce qui ne les a pas empêchés d'obtenir une licence ProTour pour la saison 2008.

Donc, si Astana version neuchâteloise a cessé d'exister, la route est encore longue et semée d'embûches pour Marc Biver. Son ami Tony Rominger, qui a embarqué Marc Biver dans cette aventure, se dit désolé par tous ces problèmes. «Je n'aurai jamais pensé que tout cela se terminerait ainsi», conclut l'ex-champion. Et pourtant... / JCE

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