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Les «clowns» réagissent

Lors de la campagne pour la votation du 2 avril, les partis de droite s'en sont pris à l'investissement de la Ville dans le bistrot du Concert. Réplique des artistes et des tenanciers Les 420.000 francs dépensés l'an dernier dans le futur bistrot du Concert représentent-ils un exemple de ce que la Ville de Neuchâtel ne devrait pas faire en matière d'investissement? Les opposants à la hausse fiscale rejetée en votation populaire le 2 avril l'ont prétendu. Muets sur cette question durant la campagne, les résidants de la Maison du concert et les tenanciers du bistrot ont, une fois le verdict populaire connu, décidé de réagir.

04 mai 2006, 12:00

«Nous n'avons pas été totalement surpris par ce discours sur le caractère soi-disant luxueux ou inutile de cet investissement, indique Patrice de Montmollin, du théâtre des Gens. Nous sentions que ça couvait. Que l'UDC prenne une telle position ne nous a pas étonnés non plus. Mais que les libéraux et les radicaux s'y associent nous a déçus et nous a touchés.»

«Son devoir de propriétaire»

On ne parle pas ici que de sentiment, mais aussi et surtout d'image: «Quand nous avons repris l'ancien théâtre en 2000, on disait que nous étions des clowns et que nous allions nous planter, se souvient Cédric Pipoz, animateur de la compagnie Aloïs Troll et trésorier de l'association Maison du concert. Maintenant, on dit que la Ville subventionne un bistrot. C'est fallacieux.» Variante entendue par Valérie Vaucher, qui tient l'établissement avec son ami Steve Di Domenico: «Des gens disent que nous ne payons pas de loyer et que nous sommes des assistés.»

Or, souligne Cédric Pipoz, «la Ville n'a fait que son devoir de propriétaire en investissant ces 420.000 francs. Elle devait mettre de l'argent quel qu'ait été le futur repreneur. Là, elle en a même épargné: avec des tenanciers indépendants, il aurait fallu mettre 200.000 francs de plus pour l'isolation phonique entre le bistrot et le théâtre. Et maintenant, elle touche de l'argent, soit un loyer qui correspond parfaitement aux normes usuelles en la matière.»

Pour sa part, Patrice de Montmollin s'étonne que des partis censés apprécier l'esprit d'entreprise s'en prennent à une formule qui voit des artistes financer partiellement leur travail grâce à une activité classiquement économique. «Depuis le début, le projet de la Maison du concert comprenait un pilier de rendement. Il faudrait le reconnaître!» / JMP

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