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La police descend en force dans la banlieue nord de Paris

Un millier de policiers ont mené hier à l'aube une opération d'une ampleur inédite et très médiatisée dans une banlieue du nord de Paris. Des jeunes avaient tiré en novembre dans cette ville avec des fusils sur les forces de l'ordre lors de deux jours d'affrontements. Trente-trois personnes sur les 38 recherchées par les enquêteurs ont été interpellées à Villiers et dans d'autres communes limitrophes, selon un bilan de la police. Du 25 au 27 novembre, Villiers avait connu des affrontements entre jeunes et forces de l'ordre après la mort de deux adolescents lors d'une collision entre leur mini moto et une voiture de police. Le frère de l'un des deux adolescents figure parmi les personnes arrêtées dans l'opération d'hier.

19 févr. 2008, 12:00

Ces violences de novembre dernier, qui avaient fait craindre une nouvelle escalade dans les banlieues deux ans après les émeutes de 2005, avaient fait 119 blessés parmi les policiers. Ces membres des forces de l'ordre avaient été la cible d'armes à feu, «une première» dans ce type d'affrontements selon certains d'entre eux, ce qui avait provoqué des réactions indignées dans le pays. «Mettez les moyens que vous voulez (...) ça ne peut pas rester impuni», avait alors lancé aux policiers le président Nicolas Sarkozy. Mais la forte médiatisation de l'opération, intervenue à trois semaines des élections municipales, a été vivement critiquée par l'opposition, la socialiste Ségolène Royal dénonçant un «dysfonctionnement grave de la République», et le centriste François Bayrou appelant à «ne pas mélanger justice et mise en scène».

Le Parti socialiste a demandé à la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, de diligenter une enquête «afin de déterminer clairement l'origine de la médiatisation». La procureure de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, a elle a admis n'avoir «jamais vu une opération de police de cette envergure». Mais elle a estimé que «les méthodes d'intervention» utilisées «étaient à la hauteur des faits criminels». Elle a également assuré que ni le parquet ni la police n'avaient souhaité la médiatisation de l'opération.

Le maire de la ville, le socialiste Didier Vaillant, a jugé «anormal» d'avoir été prévenu tôt hier matin, «après les médias». Environ 1000 policiers ont participé à cette opération, visant à retrouver les auteurs des coups de feu contre les forces de l'ordre en novembre. / ats-afp-reuters

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