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Grande-Motte fermée

Comme elle l'avait annoncé, la tenancière de la métairie y a fait, en 2005, sa dernière saison. La famille propriétaire n'a pas terminé sa réflexion sur l'avenir du lieu Un panneau avertit le promeneur là où la route sort de la forêt; et, sur la façade, de grandes bandes jaunes barrent l'inscription annonçant la présence d'un établissement public: le restaurant d'alpage de la Grande-Motte, au-dessus des Geneveys-sur-Coffrane, est fermé. Aucun tenancier n'a été trouvé pour succéder à Georgette Zybach, qui a tenu l'établissement pendant trente ans avec l'aide de son mari et pour qui la saison 2005 était la dernière passée au pied du sommet du Mont-Racine.

04 août 2006, 12:00

La métairie joue donc seulement son rôle originel: permettre l'estivage d'une centaine de têtes de bétail placées sous la garde d'un berger. Le propriétaire des lieux, un agriculteur des Geneveys-sur-Coffrane, réfléchit toujours, avec sa famille, à l'avenir qu'il conviendrait de donner à cet alpage. Car si la reprise d'un établissement public est rarement une petite affaire, la succession de Georgette Zybach fait intervenir quelques paramètres qui ne sont pas faits pour simplifier la prise de décision.

Tout d'abord, le Service cantonal de la consommation a, comme lors de chaque remise d'un établissement public, visité les lieux. Et il a ordonné divers travaux comme préalable à leur réouverture.

«Il s'agit d'éviter tout danger pour la santé des gens et de maintenir de bonnes conditions d'hygiène, indique Jean-Martin Ducommun, chimiste cantonal adjoint. Mais nous agissons avec la souplesse nécessaire: entre un restaurant à la cuisine très élaborée et un établissement où elle reste, comme dans une métairie, relativement simple, nous n'avons pas les mêmes exigences pratiques.»

N'empêche: les propriétaires ont vite vu que cette mise aux normes représenterait un vrai investissement. Rien d'étonnant: après trente ans, une mise à niveau coûte nécessairement davantage qu'après cinq ou dix ans.

Conditions de vie spartiates

Comme le notent les propriétaires et l'ex-tenancière, exploiter un tel lieu demande par ailleurs des aptitudes un peu différentes de celles nécessaires à la reprise d'un bistrot en ville. Dans un couple par exemple, au moins un des deux devra être capable de garder et de gérer un troupeau de bovins.

Et l'autre devra avoir les capacités et les papiers nécessaires à l'exploitation d'un établissement public. Ce n'est pas qu'une affaire de compétence: les propriétaires disent avoir reçu des offres de titulaires de patentes d'autres cantons. Beauté du fédéralisme: tant qu'on n'a pas suivi une formation complémentaire, le canton de Neuchâtel ne délivre, dans ce cas, qu'une patente provisoire...

Enfin, il faut accepter des conditions de vie spartiates: l'eau vient de la citerne, la métairie disposait de bonbonnes de gaz, mais pas de courant électrique. «C'est fou ce qu'on use comme piles dans les lampes de poche en une saison!», commente Georgette Zybach. Avant de relever que vivre et travailler six mois dans de telles conditions n'est pas la même chose que d'y goûter durant une semaine de vacances. / JMP

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