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Des urnes personnalisées pour garder une trace de son animal domestique

Bijoutière, graphiste et artiste aux multiples facettes, Laetitia Goetschmann imagine des urnes sur mesure pour conserver les cendres des petits animaux. Suite à la demande d'une amie, il y a deux mois, la Jurassienne crée des modèles en céramique. Elle souhaite apporter une note personnelle à chacun. «Une amie ne savait pas quoi faire des cendres de son chat, elle m'a alors demandé de lui fabriquer une boîte.» Voilà comment Laetitia Goetschmann, de Saignelégier, s'est aperçue d'un besoin insoupçonné, mais bien réel, chez certaines personnes. Pour les satisfaire, cette bijoutière de métier, qui travaille actuellement dans le graphisme, a décidé de se livrer à des expérimentations en poterie, un autre domaine artistique qu'elle affectionne. Ces deux derniers mois, elle a déjà reçu sept commandes d'urnes.

25 juin 2008, 12:00

Son objectif: créer des pièces uniques, personnalisées, pour changer des boîtes austères que l'on trouve sur le marché. «Mais je ne vise pas à fabriquer des produits industriels. Pour moi, la poterie est une passion, je fais ça pour mon plaisir et si ça peut rendre service... Je suis d'ailleurs prête à fabriquer des boîtes pour toutes sortes de petits animaux. Récemment, on m'en a commandé une pour un chien.»

Les urnes sont pour l'heure fabriquées en céramique. Une fois modelées, elles sont chauffées dans un four entre 1000 et 1200 degrés. Mais la Taignonne se dit encore au «stade de l'expérimentation» et voudrait essayer d'autres matières, comme la pâte de bois. Elle souhaite aussi inscrire une touche poétique, voire ludique, en créant des variantes avec des ailes d'anges «qui emmènent l'animal au ciel», avec diverses teintes ou en gravant le nom de l'ami perdu par exemple. «Je m'adapte aux demandes car, si certaines personnes cherchent le rêve, d'autres ont besoin de plus de sobriété.» Pour le moment, la jeune artiste de 25 ans fonctionne par le bouche-à-oreille. Mais elle envisage à l'avenir de créer un site internet et des cartes de visite. Elle entend également prendre contact avec des centres d'incinération spécialisés dans le traitement des animaux de compagnie, comme Cremadog à Montmollin, le seul pour la Suisse romande (lire encadré).

Si l'idée d'incinérer un chat, un hamster ou un chien pour conserver ses cendres chez soi peut surprendre, les vétérinaires le confirment: les gens ont tendance à s'attacher de plus en plus à leurs animaux de compagnie. «Et la suite logique de ce lien affectif renforcé, c'est de vouloir le conserver au-delà de la mort», explique Pierre Bonnemain. Pour ce médecin-vétérinaire de Porrentruy, «notre monde rend les gens toujours plus sensibles. Pour certains, il est inconcevable d'imaginer son compagnon brûlé parmi d'autres». Il y a aussi le mauvais souvenir de l'utilisation des déchets carnés comme nourriture animalière, même si cette pratique est révolue.

Sans tomber dans le «surémotionnel», Laetitia Goetschmann, elle-même adepte des petits félins, souhaite respecter la douleur ressentie par certains. «Je comprends que des personnes seules aient envie de faire incinérer leurs animaux, si elles n'ont personne pour les consoler.»

France Broquet, médecin-vétérinaire à Saignelégier, aborde la situation avec pragmatisme: «Les animaux de compagnie comblent des manques. Ils jouent de plus en plus un rôle de «bâton de vieillesse» dans une société où les enfants n'accompagnent plus forcément leurs parents lorsqu'ils vieillissent.» / DWI

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