Le temps est au dégel à Cernier

Trois mois après avoir gelé le projet des «viabilités», le Conseil d'Etat l'a débloqué. Des économies supplémentaires ont été trouvées. Avenir dégagé pour le Mycorama Le temps est au dégel sur le Site de Cernier. Ce n'est pas l'effet d'un quelconque microclimat, mais une information politique. Le Conseil d'Etat a communiqué hier sa décision de débloquer les projets de développement qu'il avait gelés en octobre, dans le cadre des mesures destinées à rétablir les finances publiques.

20 janv. 2006, 12:00

Les projets, ici, sont ceux des «viabilités». Autrement dit la réhabilitation du chauffage, des réseaux d'eau et d'énergie et des voies de circulation. Un paquet de 5,97 millions, approuvé en novembre 2004 par le Grand Conseil, qui vaut aussi par ce qu'il permettra de réaliser avec des fonds privés. En premier lieu le Mycorama (centre international dévolu aux champignons) et un commerce Landi, spécialisé dans les produits liés à la terre.

Ce gel de presque trois mois a permis au Conseil d'Etat de mener une réflexion «très pragmatique», note Bernard Soguel, ministre en charge de l'Economie. Liée, évidemment, aux économies possibles, «comme sur d'autres projets déjà approuvés par le Grand Conseil», ajoute-t-il. Au bout du compte, l'exercice peut être considéré comme réussi: le rapport d'information que le Grand Conseil examinera en février fait état d'économies de quasiment 1,5 million. Décomposé en 933.000 francs d'absorption des inévitables augmentations - apparues lors de la mise au point du projet au début de l'an dernier - et 556.000 francs d'économies nettes. Ce résultat a été obtenu grâce au report de quelques années de la conversion du chauffage au bois, «quand les chaudières à gaz existantes seront usées», et par une simplification «du concept de circulation et de stationnement». Par ailleurs, les paiements seront étalés jusqu'en 2008 et la subvention accordée au Mycorama sera réduite de 10% (d'un million à 900.000 francs).

«Nous avons mené une réflexion pragmatique»

«On pourra vivre avec», commente Jean Keller, président de l'Association du Mycorama, surtout soulagé à l'idée de pouvoir enfin commencer (début mars en principe) la construction d'un ouvrage en gestation depuis au moins huit ans. La première étape, en tout cas, estimée à 5,7 millions. «Notre premier projet, à l'époque, coûtait 10 millions. Nous prévoyions deux bulles. Peut-être arriverons-nous à en construire une, dans une seconde étape», lance Jean Keller.

Et si le Grand Conseil refusait de prendre acte du rapport, estimant qu'il faut tout arrêter? Ni le ministre ni le mycologue ne veulent croire à cette hypothèse. Le premier constate que le Site continue de susciter de l'intérêt auprès d'investisseurs privés. Par ailleurs, l'Etat s'est déjà engagé financièrement, pour au moins 1,5 million. Il sait aussi qu'en cas d'enterrement définitif, ses partenaires ne manqueront pas de lui réclamer des dommages et intérêts. Surcoût probable: entre un et deux millions.

Dont le Mycorama soi-même, qui a lui aussi déjà commencé de dépenser. Entre 700 et 800.000 francs, selon l'estimation de Jean Keller. / SDX