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Une tempête contraint les deux aventuriers à abandonner

Partis le 23 février pour deux semaines de traversée de l'Islande en autonomie totale, Floriane Boss et Patrice Schreyer ont essuyé une terrible tempête. Ils racontent leur histoire depuis Reykjavik, capitale de l'île. «C'était incroyablement beau, à vivre absolument mais, sûr, plus jamais, trop fort pour nous...» L'e-mail est arrivé dimanche de Reykjavik. Patrice Schreyer et Floriane Boss, partis le 23 février pour une traversée de l'Islande en peau de phoque (lire notre édition du 14 février), ont dû abandonner à mi-parcours. Une tempête impitoyable dans la nuit du cinquième au sixième jour a eu raison de leur moral et de leur tente. Au septième jour, un énorme véhicule tout-terrain est venu les récupérer. Fin d'une aventure, début des souvenirs.

06 mars 2007, 12:00

«Au niveau du c?ur, on regrette un peu», raconte au téléphone Patrice. Cela faisait quand même deux ans que l'on préparait ce voyage. Mais sur le chemin du retour, dans notre taxi islandais, on a vu ce qu'on aurait dû faire à ski: c'était tout simplement impossible, il n'y avait plus de neige.»

Arrivé le 24 février à Reykjavik, puis le 26 sur les lieux du départ du périple, le jeune couple est remonté à bloc. Floriane et Patrice écrivent dans leur mail: «Premier jour. On attaque la traversée à fond les ballons. La première montée (redoutée) est avalée ni une, ni deux. Contents!»

Le deuxième jour se passe bien également, si ce n'est que la visibilité est quasi nulle. Les deux aventuriers s'orientent au GPS. Sous leurs vestes, la transpiration gèle.

Le lendemain, deux étapes sont avalées d'un coup en 14 heures de marche, pour «se réserver un jour tempête». Une prouesse, aux dires d'un guide local. Mais la température mord, les pieds comme l'âme: «Il fait tellement froid que nos pauses ne durent jamais plus de cinq minutes, debout. On est à fond, on aime ça!»

Quatrième jour: les pieds en sang, le couple reprend des forces dans une cabane refuge. Un repos bienvenu, mais qui ne lui permettra pas d'aller beaucoup plus loin. Le jour suivant, seuls 19 kilomètres sont parcourus, au lieu des 30 prévus. Le doute commence à s'installer, surtout à la vue du matériel. La pulka, traîneau chargé du matériel, supporte mal le manque de neige. Un trou de 10 centimètres s'est formé à l'avant.

«L'hallali»: cette nuit-là a été «l'expérience la plus effrayante» de leur vie. Le vent souffle à un bon 100 km/heure. Blottis l'un contre l'autre, Floriane et Patrice finissent par s'endormir. Mais vers minuit, le réveil est brutal: poussée par la tempête, la toile de la tente s'affaisse sur eux. Ne sachant ce qui arrivait vraiment, ils se mettent assis dans leur abri, devenu fragile. Ils resteront ainsi pendant six heures, soutenant les parois de tissu avec leur dos.

Au petit matin, la tempête redouble. «Cette fois, toutes les sardines plantées dans la glace s'arrachent, un piquet explose, les autres plieront.» Par -30°C, Patrice tente une sortie pour amarrer à nouveau le bivouac. Une rafale le couche à terre. La décision est prise. «J'avais la tête au fond du sac de couchage et je devais hurler dans le téléphone satellite pour qu'on me comprenne», se remémore Patrice. Vingt-quatre heures plus tard, débarquait le «taxi» salvateur.

L'aventure aura duré le temps de parcourir 100 kilomètres. Juste ce qu'il faut pour ressentir cette île au fond des os. «On reviendra en Islande, on l'aime encore plus qu'avant!» En attendant le retour, Patrice et Floriane font le deuil de ce semi-échec à Reykjavik. Comme un signe qu'ils attendaient, la météo a émis un avis de tempête pile à l'endroit où ils ont été récupérés. «Rien à regretter (enfin...)», écrit alors Patrice dans un dernier mail. / FAE

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