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Sentence alourdie

Le Tribunal correctionnel du Val-de-Ruz a condamné, après cassation, un sexagénaire récidiviste à trois ans de prison ferme pour viols. Le verdict initial était de 18 mois avec sursis Les deux gendarmes, présents de manière inhabituelle pendant tout le procès, ont fini par sortir leurs menottes. Hier matin, le Tribunal correctionnel du Val-de-Ruz a condamné, après cassation, un multirécidiviste sexagénaire à trois ans de réclusion pour contraintes sexuelles et viols à l'encontre de deux jeunes femmes handicapées mentales. Il avait écopé en première instance de 18 mois de prison assortis du sursis pendant cinq ans. Mais le ministère public et les parties civiles s'étaient offusqués de la clémence du tribunal et avaient fait recours.

27 janv. 2006, 12:00

Les faits remontent à juillet 2002. Le sexagénaire rencontre Michèle*, résidante d'un foyer pour handicapés mentaux. Il l'emmène chez lui au deuxième rendez-vous. Après le repas, l'homme l'attire dans son lit où, se faisant intimidant, il abusera d'elle. Au cinquième rendez-vous, Laure, une amie de Michèle, se joint au duo. Et le scénario se répète: intimidations, attouchements, viols.

Vaine tentative de la défense

Pour sa défense, l'accusé n'a cessé de prétendre qu'il ne voyait en ces femmes que des conquêtes. Et quand Alain Rufener, président du tribunal, lui demande s'il regrette, il répond: «Oui et non. Pour moi, elles se comportaient comme des femmes normales. Mais je regrette de les avoirs rencontrées.»

L'avocat de la défense va alors tenter d'imposer une expertise psychiatrique, potentiel levier pour un acquittement, mais refusée jusqu'ici. En citant d'abord comme témoin le médecin traitant de l'accusé: «Sincèrement, il n'était pas conscient que ces deux femmes étaient simples d'esprit. En aucune manière, il ne les a considérées comme personnes anormales.» En appelant ensuite un ami du sexagénaire: «Lors d'un critérium de cyclisme que nous organisions ensemble dans la région, il (réd: l'accusé) était venu me proposer d'engager comme chef de la sécurité un jeune homme que je connaissais. Il n'avait pas vu que ce dernier était atteint dans sa santé psychique. Cela m'a surpris.»

Peine perdue pour la défense. Après une courte pause, la cour a rejeté la requête d'expertise psychiatrique, arguant du fait qu'aucune des six condamnations pour des crimes semblables depuis 1969 n'avait retenu une quelconque responsabilité amoindrie.

Le champ était alors libre pour le procureur et les parties civiles, qui ont fermement rappelé aux jurés que la cassation ne portait que sur la peine, «arbitrairement clémente» selon les considérations, et non sur les faits eux-mêmes, reconnus par le tribunal de première instance.

Le tribunal a condamné le délinquant sexuel à trois ans de réclusion, à 1000 francs de dédommagement pour l'une des victimes et à 5000 francs pour l'autre. Les frais de la cause, 6413 francs, sont également à sa charge. /FAE

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