Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Il collectionne les tracteurs comme d'autres les timbres

Depuis vingt-cinq ans, Patrick Zbinden a désossé, astiqué et remonté pièce par pièce plus d'une cinquantaine de tracteurs anciens. Ce passionné installé à Cernier lève le voile sur une collection d'un genre particulier. «J'ai conduit mon premier tracteur à l'âge de 6 ou 7 ans. A l'époque on ne nous demandait pas si on voulait. Il fallait y aller et c'est tout.» Quarante ans plus tard, Patrick Zbinden conduit toujours des tracteurs. A dire vrai, cet habitant de Cernier y aurait même plutôt pris goût. A tel point que ce n'est pas moins d'une cinquantaine de ces engins qui trônent aujourd'hui sur les quatre étages du «musée» personnel de ce collectionneur.

15 mars 2008, 12:00

«Mon père a toujours apprécié les vieilleries, les meubles anciens, les bibelots», glisse Patrick Zbinden. «En somme, moi aussi, mais de manière un peu différente. J'ai toujours aimé la mécanique. Gamins, on allait déjà à la décharge récupérer les vieux vélomoteurs.» Son certificat de mécanicien sur machine agricole en poche, Patrick Zbinden passe rapidement à la catégorie supérieure. «J'ai acheté mon premier tracteur en 1984-1985 aux Gollières. C'était un américain. Un Farmall de 1946. C'est avec lui que j'ai attrapé le virus.»

Soulevant un drap, celui qui ?uvre comme responsable de l'intendance à Evologia, laisse apparaître un étrange spécimen de tracteur. «C'est une auto transformée de 1938», détaille le spécialiste. «Une Chrysler modifiée par l'entreprise Meili. Après la guerre, dans les campagnes, beaucoup d'automobiles ont été converties en machine agricole comme celle-ci.»

Field Marshall, Société française de Vierzon, Hürlimann. Autant de marques qui ornent les calandres des tracteurs de la collection de Patrick Zbinden. «On peut négocier un vieux tracteur pour quelques centaines de francs mais les modèles de collections s'échangent autour des 150 000 francs. D'ailleurs, les prix ne cessent d'augmenter et il est toujours plus compliqué de trouver ne serait-ce que de simples pièces. En France, les collectionneurs belges et hollandais ont, par exemple, presque vidé les campagnes.»

Bidons Shell, Esso, pipettes d'huile en tous genres, panneaux publicitaires Fiat, Patrick Zbinden accumule tout ce qui se rapporte à la mécanique et aux tracteurs. «Au premier, j'ai aussi quelques tracteurs à pédales pour enfants», sourit le collectionneur. Il poursuit la visite: «Ici, par exemple, c'est un modèle à boule chaude. On l'appelle ainsi à cause de la lampe en laiton disposée devant, au bas de la calandre. L'agriculteur devait la chauffer pour permettre au moteur de démarrer.» Le collectionneur se tourne, puis fait un geste en direction d'un tracteur Field Marshall rouge pétant. «C'est un modèle anglais. Il fonctionne avec une cartouche. Une cartouche de poudre que l'on installe ici sur le côté du tracteur. On place ensuite à l'avant un peu d'amadou. C'est comme un bout de cigarette. Une ou deux manips encore. Un coup de marteau sur la cartouche.» Et voilà, le tour est joué.

La visite s'achève. Patrick Zbinden éteint les lumières de son musée: «En général, j'aime bien m'occuper de mes tracteurs après le travail. C'est une forme de ressourcement pour moi. Ça me permet aussi de passer du temps avec mon fils de 15 ans qui lui aussi a attrapé le virus.» / YHU

Votre publicité ici avec IMPACT_medias