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United colours of Saire

24 févr. 2007, 12:00

«En cas d'incident, gardez votre «Sang d'encre» et ne quittez pas votre portefeuille de vue». Ainsi préparé, le visiteur est entré, jeudi, au Théâtre du Passage à Neuchâtel, où le chorégraphe Philippe Saire et sa compagnie, exploraient le thème de la peur. La peur sous ses diverses manifestations, physique ou effet de compassion face à une femme trouvée, nue, dans la rue: «Mais vous allez prendre froid... » A un certain moment, le spectateur est devant un nombre incroyable d'événements qui pourraient lui arriver. La danseuse n'a-t-elle pas invité une personne à monter sur scène? Panique. Tous les regards se dirigent vers la sortie de secours!

L'humour, la dérision, il y a plein de petits trucs de ce genre, comme au temps du cinéma muet, où le prompteur de service commentait l'action des danseurs: «Ils réfléchissent, ils organisent leur journée...» Les mots? C'est une des pièces du puzzle, comme le support sonore, dont l'unité de puissance est toujours communiquée en décibels, de 87 à 115! Etonnant. Différentes formes de langage se croisent. Le soliloque, en anglais, du danseur philosophant sur Dieu, le soldat suisse ou l'interdiction de fumer dans les trains, sous-tend une maîtrise extraordinaire de l'exécutant.

Pour ses interprètes - quatre gars sculpturaux sous les lumières de Laurent Junod et deux filles dont la souplesse est féline -, Philippe Saire a développé un vocabulaire de mouvements extrêmement complexe. Chaque geste, chaque instant est fixé. Que ce soit en duo, en trio ou en groupe, bagarre entre clans, tout est parfaitement géré. Si on peut se lasser d'une certaine répétition gestuelle, on est muet d'admiration face à l'exécution.

La lumière, on la croirait inventée sur place tant elle est en liaison directe avec les événements scénographiques proches de l'essence même de la danse. / ddc

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