Unia prépare le renouvellement de la CCT de la branche horlogère

Unia exigera la hausse des salaires d'embauche et l'amélioration de la rente-pont AVS lors du renouvellement de la Convention collective de travail (CCT) pour l'horlogerie et la microtechnique. Les négociations avec le patronat vont débuter la semaine prochaine.

11 oct. 2010, 14:25

Le syndicat Unia demande un relèvement des salaires minimaux d'embauche afin d'atténuer les disparités régionales, a indiqué aujourd'hui à Neuchâtel Jean-Claude Rennwald, membre du comité directeur d'Unia pour l'horlogerie. Selon lui, les salaires minimaux actuels doivent être relevés pour le personnel qualifié et non qualifé.

Ils devraient se situer dans une fourchette de 4200 à 4600 francs par mois suivant les régions pour le personnel qualifié, a précisé Jean-Claude Rennwald, lors d'une conférence de presse. Pour le personnel non qualifié, Unia a établi une fourchette située entre 3600 et 4100 francs suivant les régions.

La revendication d'Unia vise à corriger les effets des décisions prises en 2002 dans le cadre des mesures d'accompagnement de la libre circulation. Selon Jean-Claude Rennwald, les disparités régionales se sont accentuées. Dans le Jura, le salaire d'embauche se monte à 3183 francs à l'heure actuelle.

Lors des négociations prévues à partir de la semaine prochaine, Unia demandera aussi le doublement de la rente-pont AVS de 24'000 à 48'000 francs sur deux ans en cas de retraite anticipée. En outre, le droit à la rente-pont AVS devrait être garanti aux personnes licenciées dans les trois ans précédant l'âge légal de la retraite.

Selon Jean-Claude Rennwald, les négociations débuteront le 19 octobre lors d'une première prise de contact avec le patronat. Elles doivent s'achever à la fin de l'été 2011. La CCT renouvelée doit s'appliquer à partir de 2012, en remplacement de la convention actuelle valable depuis 2007 pour une durée de cinq ans.

Dans la mesure où le niveau de l'embauche ne va pas exploser dans l'immédiat, les revendications d'Unia sur les salaires minimaux sont raisonnables, a estimé Jean-Claude Rennwald. Par ailleurs, selon lui, l'argument patronal de la cherté du franc suisse ne peut être pris en considération pour une période de cinq ans.

Lors des négociations, Unia demandera aussi la limitation du travail temporaire à 5% de l'effectif total de l'entreprise. Pour le syndicat, cette mesure doit permettre de limiter le dumping salarial et les effets négatifs du travail temporaire sur le 2e pilier et sur l'ambiance de travail dans l'entreprise.

Au chapitre de l'amélioration des conditions de travail, Unia  revendique par ailleurs une semaine de vacances supplémentaires pour le personnel. Le syndicat exige aussi l'institution du droit à une pause rémunérée de 10 minutes à la fin de chaque période de trois heures de travail en continu.

La CCT en voie de renouvellement concerne 42'000 salariés sur un total de 49'000 employés dans le secteur de l'horlogerie et de la microtechnique. La branche regroupe environ 600 entreprises, dont 70% environ sont affiliées à la CCT actuellement en vigueur. /ats