Une Suisse pour chacun

02 août 2015, 18:46

Chaque année c'est pareil: occupés tout au long de l'année à s'autoflageller sur le secret bancaire ou la fiscalité de l'épargne, à critiquer une Micheline Calmy-Rey trop voilée en Iran ou un Hans-Rudolf Merz trop mou aux Etats-Unis, les Helvètes se réveillent le matin du 1er Août avec cette question: «Etre Suisse, cela signifie quoi?» Peut-on encore être fiers de notre démocratie modèle à l'heure où des dossiers toujours plus complexes réclament en même temps des décisions toujours plus rapides? Doit-on continuer à faire reposer notre économie sur un système financier non seulement décrié à l'étranger mais aussi totalement déstabilisé par la crise? Quelle est la voix (et le poids) réelle de la Suisse dans le concert des nations, dès lors que les fausses notes diplomatiques résonnent bien plus fort que les progrès, même importants, réalisés dans l'ombre?

A voir le peu de fanions qui ornent les maisons, en tout cas de ce côté-ci de la Sarine, difficile d'imaginer que les Suisses s'identifient beaucoup au drapeau à croix blanche - qui n'est d'ailleurs devenu écusson national qu'au 19e siècle. On en voyait davantage aux fenêtres, et de toutes les couleurs, durant l'Euro 08. Quant aux produits «swiss made», ils semblent avoir davantage de prestige à l'étranger que dans leur pays de fabrication.. Est-ce dire pour autant que le sentiment national a disparu? Evidemment non. Mais la «suissitude», comme on l'appelle parfois, est à géométrie variable.

A l'image d'un monde centré sur l'individu, c'est à chacun et à chacune d'entre nous, né suisse ou naturalisé, étranger vivant ici ou Helvète établi à l'étranger, de trouver sa propre réponse. En fouillant dans son histoire, en se projetant dans l'avenir, en se rappelant le Pacte de 1291 scellé par Uri, Schwytz et Unterwald et leur promesse mutuelle d'assistance. Celle-ci était uniquement sécuritaire.

Mais au moment où la Suisse et le canton de Neuchâtel vivent une crise économique importante, elle pourrait aussi, aujourd'hui, être solidaire.