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Une légende et un grand monsieur

03 juin 2010, 11:05

Rares sont les chanteurs africains à s'être imposés à l'étranger. A ce jour, ils sont quatre ou cinq, dont Myriam Makeba, à l'avoir fait. Encore plus rares sont ceux qui ont pu le faire en demeurant sur le sol de leurs ancêtres. Un Sénégalais a réalisé cet exploit: Youssou N'Dour... L'un des plus populaires chanteurs africains qui sera dimanche sous le chapiteau de Festi'neuch, à Neuchâtel.

Contrairement à ses aînés comme Manu Dibango et Mory Kanté, Youssou N'Dour n'a jamais considéré qu'habiter dans son pays serait un obstacle à sa conquête du monde. Il l'a répété à maintes reprises: «Les hommes naissent égaux et ont la même potentialité». Et pourtant, le Sénégalais a «galéré» pour arriver là où il en est aujourd'hui.

Au début des années 1980 Youssou N'Dour est couronné au Sénégal et en Afrique «Roi du mbalax». Un rythme très populaire basé sur les percussions, telles que le tama et le sabar. Fort de ce succès continental, Youssou N'Dour part à la conquête de l'Europe avec des concerts en France et à Londres. Son style et sa voix particulière font mouche. Il est rapidement appelé à croiser le chemin de stars telles que Peter Gabriel, Sting et Tracy Chapman. Son premier disque destiné au marché mondial sort en 1989 chez Virgin. Un deuxième album «Set» sortira en 1990.

Si ses concerts sont des succès, ces deux albums font des flops. Le style N'Dour ne se vend pas. Et Virgin se voit dans l'obligation de rompre son contrat en 1991. Mais le «Prince de Médina» (quartier de Dakar) ne baisse pas les bras. Avec raison. Car deux années plus tard, il connaît un succès planétaire avec «Seven Seconds» qu'il chante en duo avec Neney Cherry. Ce tube, sans aucune consonance africaine, ne convint pas la nouvelle star de la world music à rompre avec ses racines. Il continuera à chanter en wolof. Et surtout de raconter la vie quotidienne de son quartier, de sa ville, de son pays et de son continent.

Youssou N'Dour n'est d'ailleurs pas qu'une belle voix africaine. C'est aussi un homme d'affaires. Outre des studios d'enregistrement et une boîte de nuit, il est également propriétaire d'un groupe de presse depuis 2003. Celui-ci compte en son sein un quotidien, une radio et bientôt une chaîne de télévision. Côté musique, son dernier album «Dakar Kingston» propose des morceaux reggae dont un certain «Marley», en hommage bien sûr au roi du genre.

Dimanche, Festi'neuch verra sur scène non seulement une légende de la musique africaine. Mais également un grand monsieur. ASVEN MURUGAN

Neuchâtel, chapiteau, dimanche à 20h15

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