Une auréole qui n'est pas en odeur de sainteté

18 oct. 2010, 11:54

C'est ce qu'on appelle un bon jeune. Pas du genre à s'endetter, comme un quart des 19-25 ans en Suisse, pour se pavaner en grosse cylindrée. Le petit kilomètre qui le sépare de sa place de stage, il le couvre en bicyclette, avec en tête le refrain «A vélo au boulot!» que les promoteurs de la mobilité douce tentent de faire entrer dans le crâne de l'homo-véhiculus depuis un moment déjà. Avant de rejoindre sa place de travail, notre jeune cycliste aura essuyé les projections des véhicules indélicats qui le rasent de trop près, éviter des piétons - mal réveillés ou désespérés - qui se jettent sous ses roues. Il aura aussi accéléré devant la maison de Médor. Mais le réel danger qui guette notre vélotaffeur, c'est le soupçon de goutte de sueur, celle qui rime avec vélo sans moteur, suspectent ses collègues inodores dans le bureau open space. Parce que la sueur, au travail, c'est comme l'odeur de la tarte aux poireaux, ça le fait pas. Enfin, sauf lorsqu'elle dégouline de la nuque taurine aux reins prometteurs d'un sportif au torse luisant, icône de la marque sur un calendrier noir et blanc. Là, c'est pas pareil, la goutte de sueur, elle brille, c'est du luxe. Le jeune ingénu pense, lui, que quand bien même une belle plante sentirait le poireau, ça n'enlèverait rien à son attrait, au contraire, ça indiquerait qu'EN PLUS, elle sait faire la soupe (vu que la beauté ne se mange pas en salade, comme disait Mémé). Et puis cette société de chochottes, qui ne supporte plus ni la fumée ni les auréoles ni le poireau (les odeurs de la vie, quoi!), qui n'ose même plus cuisiner un chou, ça finit un peu par puer, non?