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Un souffle romantique dans le temple

29 janv. 2008, 12:00

Octaves, double cordes, traits d'arpèges. La soliste Aurélie Matthey, jeune violoniste chaux-de-fonnière se joue des difficultés du «Concerto pour violon et orchestre en ré majeur» de Brahms. La musicienne gracile au jeu volontaire et fougueux empoigne la partition avec beaucoup d'aisance. Elle possède déjà une technique élaborée et une belle palette sonore. Il lui manque encore l'assise et la sérénité qui lui permettront d'affiner ses attaques et son intonation, de diversifier encore plus subtilement la qualité du son de son instrument.

Invité sous l'égide des Amis du conservatoire de Neuchâtel, l'Orchestre des Conservatoires neuchâtelois, de Fribourg de Lausanne et de Genève placé sous la direction de Nicolas Farine est majestueux et ample. A l'écoute de la soliste, il est souple et précis. Un soin particulier est mis dans l'architecture de chaque phrase musicale.

Noble, majestueux. Un souffle puissamment romantique traverse le temple du Bas. La «Symphonie No 3» de Schumann résonne de toute son âme, tout à la fois poétique et populaire. L'orchestre apparaît raffiné dans le scherzo. Le quatrième mouvement est glaçant, en une inébranlable procession. La fanfare des vents est d'une force stupéfiante, amplifiée par la réponse grêle des cordes. Les registres développent une belle homogénéité et l'orchestre ne manque pas de transparence (scherzo) ni de vivacité et d'éclat (dernier mouvement).

Comme le rappelaient à l'envi les papillons distribués à l'entrée du temple du Bas et le commentaire poignant de Nicolas Farine à la fin du concert, les classes professionnelles des Conservatoires neuchâtelois sont menacées de fermeture. Dans cette atmosphère délétère, le concert de vendredi prenait l'allure d'un plaidoyer. Le très nombreux public y fut particulièrement sensible.

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