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Un service privé de SMS scandalise les autorités neuchâteloises

Obtenir par SMS le nom d'un détenteur d'une immatriculation dans le canton: c'est la prestation payante que propose une société privée. Ce n'est pas du goût des autorités neuchâteloises, qui n'ont pas été mises au courant. Une plainte pourrait être déposée. «C'est un véritable scandale. Nous sommes furieux. C'est contraire à la philosophie de la République.» François Beljean, le chef du Service cantonal des automobiles et de la navigation (Scan) ne décolère pas.

30 juil. 2008, 12:00

La raison? La société lucernoise Autoindex propose au public de connaître le nom qui se cache derrière un numéro de plaque d'un véhicule. Le tout par SMS avec réponse instantanée. Cette prestation a un prix: 80 centimes.

Le canton l'a appris lundi après-midi seulement, jour du lancement de ce service. Il n'a pas été consulté. «Nous sommes intervenus hier (réd: lundi) pour leur demander de cesser cette activité», indique le chef du Scan. «Nous ne voulons pas assumer les conséquences.»

Pour François Beljean, un seul but est visé et il est pécuniaire. «Ils ont ciblé les cantons qui ne connaissent pas cette prestation», dit-il. Autoindex a en effet dévoilé lundi que cette prestation était aussi disponible en Valais et au Tessin, à Bâle-Campagne, Lucerne, Nidwald, Obwald, et Zoug. «Mes collègues de Lucerne, des Grisons et du Valais sont aussi furieux que moi», ajoute le chef du Scan. Genève, Fribourg et Berne connaissent déjà ce genre de prestation mais c'est l'Etat qui l'assume. Le prix varie entre 50 centimes et 2 francs.

«Nous sommes 100% contre.» L'Etat n'a pas pour philosophie de dévoiler en tout temps et n'importe où le nom d'un détenteur de plaques. La mise à disposition des immatriculations, outre l'annuaire que tout un chacun peut se procurer, sert en premier lieu les polices locales, les garages ou les stations-services. La liste est aussi disponible sur le site du canton, mais pas 24 heures sur 24.

De plus, le Conseil d'Etat ne voit pas d'un bon ?il cette prestation. Il craint des abus comme la délation, la malveillance ou la curiosité malsaine. Ce n'est pas l'avis d'Autoindex. La société lucernoise estime que les données sont d'ores et déjà publiques.

«Nous examinons le dépôt éventuel d'une plainte», précise François Beljean. Une enquête est en cours pour déterminer de quelle manière la société Autoindex a pu informatiser les immatriculations neuchâteloises. La pire variante serait qu'elle «ait piraté le site du canton. Nous devons approfondir cette question». /DAD

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