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Un maintien de princesse

Dès ce soir, huit jeunes femmes apprendront les bonnes manières sur M6. Une Neuchâteloise figure parmi les professeurs de cette nouvelle émission de téléréalité

Claudine Robert dirige une école de mannequins et de maintien depuis 1989 à Neuchâtel. Dès ce soir, elle dispensera ses leçons sur M6 à une poignée de candidates mal dégrossies. Repérée grâce à son site internet, Claudine Robert a en effet rejoint le casting d'«En voilà des manières!», la nouvelle émission de téléréalité de la chaîne. Mme la professeure de maintien nous en dit plus.

26 janv. 2006, 12:00

Qu'est-ce qui vous a incitée à participer à cette aventure?

Catherine Robert: D'abord, enseigner le maintien fait partie de mon travail. Et puis, c'était un challenge, car on m'avait bien avertie que les huit filles retenues pour l'émission avaient été choisies en fonction de leur manque d'éducation. On m'avait dit que je devais être prête à voir beaucoup de vulgarité. On m'a aussi parlé de piercings et de tatouages, mais je ne trouve pas cela très vulgaire. En revanche, certaines candidates ont eu des comportements d'enfants de 4 ans, elles se situaient un peu au-dessous de la ceinture, je dirais. Mais petit à petit, elles ont compris le but de l'exercice. En un mois, l'évolution a d'ailleurs surpris tout le monde.

Vous leur avez inculqué des règles de maintien. En quoi consistent-elles?

C. R.: Il s'agit d'apprendre à marcher avec élégance, c'est-à-dire en se tenant droite et sans regarder ses pieds, afin de toujours avoir la lumière sur son visage. Apprendre à entrer dans une voiture, avec une jupe courte ou une jupe longue. A monter ou descendre un escalier avec élégance, à se bien se tenir lors d'un cocktail. Mais c'est surtout la démarche qui est en jeu.

Y a-t-il encore une place pour le maintien aujourd'hui?

C. R.: J'entends souvent dire que c'est une notion démodée. Mais tous les gens qui font du théâtre ou de l'opéra prennent des cours de maintien. Le maintien est tout à fait d'actualité, des femmes comme lady Diana ou Letizia d'Espagne ont suivi des cours, elles ont dû apprendre les règles du savoir-vivre, etc. D'ailleurs, on se souvient que lors de ses premières interviews, Diana avait toujours la tête penchée et regardait le sol. Le maintien s'adresse à toutes les couches sociales. Car dans la vie de tous les jours, une jeune femme qui se présente à un entretien d'embauche avec les épaules rentrées et les yeux baissés ne sera jamais prise. Dans mes cours, j'ai par exemple eu affaire à un monsieur qui avait fait des études d'avocat et qui, voulant travailler dans les ambassades, a appris à marcher différemment.

On dit que la téléréalité formate ceux qu'elle met en scène, qu'elle en manipule l'image. Avez-vous des craintes à ce sujet?

C. R.: Pour l'instant, j'ai juste été interpellée par les photos retenues par M6 pour les médias, photos où j'ai l'air assez sévère. Or, au vu des lancements et de l'avis des journalistes qui ont visionné une cassette, j'ai l'air très douce, très compréhensive. On m'a rapporté que Nadine de Rotschild a trouvé que j'étais très pédagogue, que je savais écouter les jeunes. Après, il faudra voir ce qu'il ressort de l'émission. Pour ma part, j'ai donné mes cours, tous m'ont remercié pour mon professionnalisme, mais je ne suis pas responsable de la réalisation. Peu importe qu'on en dise du bien ou du mal, pourvu qu'on en parle! Cela dit, je pense qu'il est dans l'intérêt de la production de montrer des professeurs qui ont réussi à inculquer une certaine classe à ces filles.

La production ne vous a donc donné aucune directive quant à votre comportement?

C. R.: Non, on m'a seulement dit de ne pas être trop gentille et de ne pas me laisser marcher sur les pieds; ce qui n'est pas dans habitudes, ni dans la vie, ni ici, dans mes cours à Neuchâtel. Il y a eu d'ailleurs deux ou trois prises de bec pas tristes! Au départ, les filles pensaient qu'elles allaient pouvoir s'exhiber, qu'on allait les traiter comme des princesses. Dans mon école, les élèves doivent avoir une certaine tenue, car les parents leur paient ces cours. Pour l'émission, j'ai dû adapter ma manière de procéder; tant que chacune n'avait pas appris ne serait-ce qu'un tout petit truc, le cours se poursuivait! /DBO

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