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Un goût raffiné des résonances

Marc Pantillon était l'invité, mercredi soir au temple du Bas de la Société de musique de Neuchâtel, remplaçant le récital initialement prévu d'Ariane Haering. Les premières mesures de la sonate dite «Appassionata» de Beethoven sont exposées avec une extrême finesse, parfaitement contemplatives dans une nuance pianissimo. Quatre notes désincarnées grondent dans le grave. La fulgurance d'un trait de doubles croches envahit le temple du Bas. Le mouvement est lancé. Marc Pantillon s'empare de cette célébrissime partition, s'y dissout. La main droite est cristalline, chaque phrase est ciselée. Le pianiste semble vouloir dépasser le cadre de son instrument et donne à ce premier mouvement un caractère puissamment symphonique, s'achevant en une coda endiablée. La longue procession du deuxième mouvement apporte un moment d'apaisement avant la cavalcade du dernier mouvement.

20 janv. 2006, 12:00

On n'attend pas Marc Pantillon dans Debussy. C'est oublier qu'il possède une palette sonore d'une grande richesse, un sens aigu de l'architecture et un goût raffiné pour les résonances. Les improbables cloches de «La cathédrale engloutie» surgissent d'une atmosphère brumeuse et aquatique. L'orgue retentit en de grands accords. Mais les flots, puissants et calmes, auront raison de la cathédrale.

Le pianiste affectionne tout particulièrement les «Huit Préludes» de Frank Martin.

Episode contemplatif

Marc Pantillon défend ce chef-d'oeuvre avec bonheur. Le premier prélude est robuste. Des attaques franches et fortes (et pourtant sans dureté) sont suivies d'une nuance piano. Cet effet est rendu possible grâce à une utilisation particulière de la pédale de droite. La mélodie pénétrante du troisième se développe sur un ostinato duveteux de la main gauche. Le cycle s'achève brillamment par une pièce rythmée et virile. Dans son enthousiasme et sa générosité, Marc Pantillon offrit deux bis au trop maigre public, ravi. / SAG

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