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Un ex-basketteur raconte sa descente aux enfers

Réunis à la salle de la Riveraine à Neuchâtel, 300 jeunes sportifs ont été informés par un panel d'experts des risques d'une dépendance aux drogues. Le témoignage d'un ancien basketteur professionnel, incarcéré pour trafic de stupéfiants, a marqué les esprits. «J'ai pris conscience qu'il y avait un problème le jour où un de mes juniors m'a téléphoné à 1 heure du matin pour me dire qu'il devait aller en prison à cause d'une affaire de drogue», lance Stefan Rudy, le responsable technique d'Union Neuchâtel. En collaboration avec le groupement Bas-Lac Football, le dirigeant unioniste a organisé samedi dernier un «Independance Day», une journée dont le but était de sensibiliser les jeunes aux problèmes des dépendances. L'alcool, la fumée, les jeux vidéo ont été abordés, le sujet des stupéfiants a néanmoins occupé la majeure partie des discussions.

18 févr. 2008, 12:00

Les images fortes de la place Spitz à Zurich, où transitèrent 25 000 toxicomanes par jour venus de toute la Suisse, ont fait forte impression en guise d'introduction. Le chef de la police judiciaire du canton, Olivier Guéniat, les a commentées en lançant un avertissement: «Dans la majeure partie des cas, le cannabis est à la base de tout. En fumant leur premier joint, des jeunes vont écrire leur parcours vers la mort sans le savoir. Nous ne sommes pas tous égaux devant la drogue. On ne peut jamais savoir si l'on va sombrer?» L'exemple a choqué. Il a démontré un des nombreux mécanismes qui peuvent mener à la déchéance. Yannick*, ancien basketteur promis à une brillante carrière, l'a connu à sa façon. Incarcéré à la prison de Witzwil (BE) pour trafic de stupéfiants depuis deux ans, le Neuchâtelois a obtenu une autorisation spéciale pour venir parler aux jeunes de son expérience. «Il y a douze ans, le basket était toute ma vie», explique-t-il. «Je m'entraînais tous les jours et je n'avais pas de temps à consacrer en dehors, à ma famille et à mes amis. J'avais l'espoir de devenir pro. A 14 ans, j'ai eu la chance de faire partie de la première équipe d'Union et d'intégrer la LNA.»

Malheureusement pour lui, le rêve a très vite mal tourné. «Je ne jouais quasiment pas», note-t-il. «Avec mon fort caractère, ça s'est mal passé. Je me suis brouillé avec mes dirigeants et, un jour, j'ai décidé de claquer la porte. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à rien faire. Voyant que j'avais du temps libre et pas eux, mes potes m'ont demandé de leur rendre service en allant leur chercher de la drogue. C'est comme ça que j'ai commencé. Petit à petit, cette occupation a pris de l'ampleur, ce qui m'a fait m'isoler de tout. Un jour, la police est arrivée et m'a ramené à la réalité.» Yannick en a pris pour quatre ans.

«Le jour où je suis entré en prison, tous ceux que j'avais pris pour mes amis m'ont laissé tomber. A ce moment-là, il ne me restait plus que ma famille pour me soutenir», conclut-il en sanglotant. / JBE

*Prénom d?emprunt
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