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Trois anciens cadres d'UBS Neuchâtel accusés de fraude

Trois ex-cadres de l'UBS de Neuchâtel, dont un ancien sous-directeur de la banque, sont accusés d'avoir détourné plus de cinq millions de francs au préjudice de leurs clients. Ils ont contesté la majorité des faits hier devant le Tribunal pénal économique du canton. Le procès est prévu pour avril. Rien n'avait filtré en 1998 lorsque les trois cadres supérieurs de l'UBS de Neuchâtel avaient été licenciés. La banque était visiblement parvenue à éviter que l'affaire ne s'ébruite. Mais aujourd'hui, elle éclate au grand jour.

14 févr. 2008, 12:00

Trois ex-fondés de pouvoir, dont un ancien sous-directeur de la succursale de Neuchâtel, ont comparu hier en audience préliminaire devant le Tribunal pénal économique du canton. Ils sont accusés de gestion déloyale, d'abus de confiance et de faux dans les titres.

En clair, l'UBS, seule plaignante dans cette affaire, leur reproche d'avoir détourné plus de cinq millions de francs au préjudice d'une douzaine de clients, entre 1994 et 1998.

Les méthodes utilisées? Les trois gestionnaires de fortune auraient attribué les gains de leurs opérations boursières à des personnes de leur entourage et à eux-mêmes. Et lorsque ces opérations généraient des pertes, ils les imputaient à d'autres clients inexpérimentés ou crédules.

Hier devant le président du tribunal économique François Delachaux, deux des trois prévenus ont contesté l'ensemble des faits.

Le troisième a toutefois admis avoir profité de ses pouvoirs pour attribuer des gains à des membres de son entourage. Il a également reconnu avoir «transféré» sans autorisation de l'argent provenant de comptes de personnes âgées dans le but de couvrir des pertes qui commençaient à éveiller les soupçons de ses clients.

Le principal lésé aurait perdu 3,6 millions de francs entre 1994 et 1996, victime de l'ancien sous-directeur lui-même. Un homme qui poursuit actuellement des activités... de gestion de fortune.

Aujourd'hui, l'UBS a d'ores et déjà indemnisé la plupart des lésés pour un montant global de 3,82 millions de francs.

«Il ne faut pas négliger la présomption d'innocence. Mais je ne pense pas qu'une banque aurait indemnisé ses clients s'il n'y avait pas une bonne raison de le faire...», commente un proche des milieux bancaires.

Mais pourquoi cette affaire, qui remonte à 1998, a-t-elle attendu dix ans avant d'être jugée? «C'est un gros dossier. De par les montants en jeu. Mais aussi de par la complexité des mécanismes frauduleux. C'est une vraie affaire économique, et elles sont plutôt rares dans le canton», répond le procureur Nicolas Aubert. Il reconnaît toutefois que ce dossier a «beaucoup traîné en instruction».

Mais comment les trois cadres auraient-ils pu tromper leurs clients durant quatre ans sans se faire repérer? Les contrôles au niveau de la gestion de fortune ont-ils été renforcés depuis leur licenciement? Hier, la banque n'a pas répondu à nos questions.

Le procès des Neuchâtelois se tiendra les 14, 15 et 16 avril prochains. /VGI

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