"Train de nuit: l'aventure", l'air du temps de François Nussbaum

Découvrez la chronique "Air du temps" de François Nussbaum.
10 oct. 2019, 05:31
AirDutemps-FrancoisNussbaum

Tout milite pour la réintroduction des trains de nuit. Les gens en veulent (un sondage l'a montré) et c'est plus écolo que l'avion. Bon, les compagnies ferroviaires, à part l'autrichienne, ont lâché ce service pour manque de rentabilité. Mais le climat va changer, aussi chez les voyageurs. C'est quand même trop bien d'arriver reposé le matin à destination.

Reposé? Ça dépend. Bon, certains ne dorment bien que dans leur lit, mais il y a pire. Le copain qui revenait de nuit de Berlin pour Bâle (quand ça existait)  a eu d'abord la bonne surprise de rencontrer un pote qui faisait le même trajet, avec femme et enfants. Retrouvailles: on va au wagon-restaurant. Un philisophe et un musicien, ça cause. Et ça boit.

Quand ils ont voulu retrouver leur cabine, la porte du wagon-bar était vérouillée. Le train s'était scindé en deux à Francfort et ils se trouvaient en queue de la partie roulant vers Nuremberg. Efficace, le personnel les a fait descendre rapidement, leur trouvant des régionaux pour rejoindre Bâle. Non sans pester contre ces noceurs qui avaient ignoré les multiples avertissements des haut-parleurs.

Petit problème: ils étaient allés au bar en chemise et chaussettes. Chaussettes qu'ils ont traînées sur les quais de trois gares intermédiaires de la campagne allemande. Comme c'était l'hiver, ils ont retrouvé leur famille et bagages à Bâle, sales, enrhumés et un peu honteux. Ils l'avouent aujourd'hui: les trains de nuit, c'est bien, mais pour les gens raisonnables.

François Nussbaum