«Tic… Tac… Tocs», l’air du temps de Sylvia Freda

Découvrez la chronique «Air du temps» de Sylvia Freda

25 mars 2019, 05:30
AirDutemps-SylviaFreda


Tic… Tac… Tic… Tac… Tic… Tac… Ça ne s’arrête jamais. Tic… Tac… Tic… Tac… C’est énervant n’est-ce pas? On est d’accord avec vous, ce rythme infiniment répétitif tient en effet de la torture chinoise. Quel supplice, ce goutte-à-goutte régulier et incessant qui ponctue notre existence du vagissement natal au son funèbre des orgues! Ces secondes, ces minutes et ces heures qui s’écoulent et nous enterrent font preuve d’une arrogance dont la vie se passerait bien.

Les génies, qui les mettent en boîte, souhaitent certainement au fond tuer le temps afin que celui-ci cesse d’avoir leur peau. C’est sans doute pour le flatter et le convaincre de ne pas leur jouer de mauvais tours et de ne pas les mener trop vite à la tombe, qu’ils lui dessinent souvent de merveilleux et luxueux atours.

Mais indifférent à leurs égards, le temps s’écoule toujours pareil. Impitoyablement. Rendant au passage malades de TOCS – troubles obsessionnels compulsifs – certains de ceux qui, croyant réussir à le maîtriser, s’acharnent à l’apprivoiser, le dompter, le dominer, le séquestrant au fond de leurs montres. 

Toutefois, disons-le du tac au tac, Chronos est incommensurable. Or logé dans l’immensité de l’éternité, il demeure et demeurera envers et contre tout le plus fort. Impossible à défier, à contenir, y compris – à court terme – dans des petites cases d’agenda. Car des instants arrêtés, soigneusement prévus dans le calendrier, peuvent naître des souvenirs impérissables ainsi que d’imprévisibles événements qui marqueront l’Histoire et traverseront les siècles.