Thabo Sefolosha renforcera l'équipe de Suisse à Neuchâtel

Les amateurs de basketball de la région peuvent se réjouir. Thabo Sefolosha, le Suisse qui évolue en NBA, au Oklahoma City Thunder, et l'équipe de Suisse logeront et joueront à deux reprises à Neuchâtel, au mois d'août prochain.
01 mai 2009, 09:58

Au mois d'août, l'équipe de Suisse se replongera dans la phase qualificative pour le championnat d'Europe. Le 15 et le 22, elle se déplacera en Albanie et en Biélorussie. Entre deux et juste après, elle recevra Chypre (le 19) et la Roumanie (le 26) à... la Riveraine! La sélection nationale prendra même ses quartiers à Neuchâtel le 11.

Bonne nouvelle: Thabo Sefolosha, le Suisse de NBA, l'a confirmé hier, lors d'une conférence de presse donnée «chez lui», à Vevey. Il sera de la partie, pour le plus grand plaisir de Sébastien Roduit, l'entraîneur national. «Thabo avait déjà exprimé son désir de participer l'an passé», raconte le Valaisan. «Là, il nous fallait trouver une solution qui puisse satisfaire tout le monde (réd: notamment au niveau des assurances). Je suis très très heureux de sa présence, parce que cela nous offre davantage d'options. La Suisse a la chance d'avoir un joueur comme Thabo, c'est bien pour l'intérêt médiatique et sportif.»

Sébastien Roduit va même plus loin. La présence du Veveysan peut presque paraître... incongrue à ce niveau. «De par son immense potentiel et l'expérience acquise en NBA, à Oklahoma City, Thabo Sefolosha a une classe nettement supérieure à celle du groupe B du championnat d'Europe.»

Pourtant, le coach ne veut pas non plus mettre trop de pression sur les épaules de son joueur vedette. «J'attends beaucoup de lui, c'est vrai, mais ce n'est pas Jésus-Christ qui descend du ciel», déclare-t-il. «Par sa présence, il pourra galvaniser ses coéquipiers. Le rendement de l'équipe devrait s'améliorer. Encore faut-il que l'amalgame se fasse. Mais pas de souci, nous allons l'intégrer!»

Mais quelles sont les chances helvétiques dans cette campagne? «Je pense qu'elles sont bonnes», réplique Thabo Sefolosha. «Nous sommes deuxièmes ex-aequo (réd: le premier, actuellement la Biélorussie, et le meilleur deuxième passent en barrage) et nous avons déjà fait de bons très bons matches. Contre Chypre, c'est faisable, et nous devrions être à la lutte avec la Roumanie. On sait que ce sera difficile (réd: la Suisse a un déficit «abyssal» au point-average, selon Sébastien Roduit), mais ça motive de pouvoir réessayer d'atteindre le groupe A. J'ai vraiment confiance en notre groupe. En plus, pour moi, c'était important de revenir en équipe de Suisse.»

Avec un moteur comme lui, qui sait se fondre dans un collectif, l'équipe nationale a tout à y gagner. On le disait, les Neuchâtelois amateurs de basketball peuvent se réjouir. /FTR

De Google à l'apartheid

Vive internet! Au moment de changer d'équipe, Thabo Sefolosha a dû se renseigner. «Si je connaissais certains de mes nouveaux coéquipiers, j'ai eu plus de problèmes à localiser l'Etat d'Oklahoma. Je suis un peu parti à l'aventure et j'ai regardé sur Google!»

Reconnaissance «Oklahoma City est une petite ville (réd: l'agglomération compte un peu plus de 1,2 million d'habitants), donc les gens savent rapidement qui tu es, te reconnaissent. En plus, il n'y a pas d'équipe de baseball, alors que Chicago en a deux, ni de hockey sur glace, alors que Chicago en a une.»

Très famille Du temps où il jouait à Chicago, Thabo Sefolosha vivait avec son frère aîné. «Kgomotso fait ses études là-bas. C'était bien de l'avoir avec moi, aux Etats-Unis. On verra s'il vient en Oklahoma.»

Pisté Thabo Sefolosha est arrivé en terrain conquis. Son coach le connaissait et le general manager du Thunder - alors aux San Antonio Spurs - suivait le Suisse alors qu'il jouait en France, puis en Italie.

Vacances et été Après la naissance de son deuxième enfant, deux fois dix jours de travail en Belgique, puis en Suisse avec un coach et, du 13 au 25 juillet, le troisième Camp Thabo, pour les enfants, à Blonay. Avant l'équipe de Suisse.

Avenir Il reste encore une année de contrat à Thabo Sefolosha. Et après? «Je ne suis pas trop inquiet, je vais juste jouer mon jeu. Un retour en Europe? C'est envisageable, mais pour l'instant, je suis en NBA et j'espère y rester le plus longtemps possible.»

Pronostic «Mon favori pour le titre NBA? Cleveland et Los Angeles. Mon équipe préférée? Cleveland, pour son sytle et son jeu spectaculaire. J'aime bien Denver aussi.»

Apartheid Le père de Thabo Sefolosha est d'origine sud-africaine, sa mère est une Suissesse. Ils ont dû venir habiter en Europe, car en 1982, l'Afrique du Sud n'autorisait pas les mariages mixtes. Deux ans plus tard, le 2 mai 1984, le basketteur suisse le plus célèbre voyait le jour. /ftr

De Chicago à l'Oklahoma, sans regret

Cela fait trois ans déjà que Thabo Sefolosha évolue en NBA. Il fut d'abord choisi au premier tour de la draft, en treizième position, par les Philadelphia 76ers, qui l'envoyèrent rapidement aux Chicago Bulls, au terme d'un tour de passe-passe dont les clubs nord-américains ont le secret. Dans l'ancienne franchise de Michael Jordan, il restera jusqu'en février de cette année, moment choisi par les Bulls pour l'envoyer à Oklahoma City. «On ne s'y attend pas, cela arrive du jour au lendemain», explique Thabo Sefolosha. «Tu prépares tes affaires et tu pars!»

Paradoxalement, le Vaudois n'a pas semblé chagriné par ce changement impromptu. «Je n'éprouve pas de regret. Je vais entamer ma quatrième saison en NBA et je sais que les choses s'y passent comme ça. C'est vrai que les play-off avec Chicago, ça fait envie (réd: les Bulls ne perdaient que trois victoires à deux face aux champions en titre, les Boston Celtics, le sixième s'étant joué dans la nuit). Mais après, entre être sur le banc à Chicago et avoir un vrai rôle à Oklahoma City, je n'hésite pas. Le plus important n'est pas tellement la ville, mais le basket. En plus, l'hiver devenait long à Chicago. J'avais besoin de soleil.»

Qu'est-ce qui n'a pas marché dans l'Illinois? «On se pose la question», reprend Thabo Sefolosha. «Il y a plein d'excuses (réd: le coach, la concurrence), mais il faut aussi se regarder dans le miroir.»

A l'entendre, serein, on devine sans peine qu'il se sent bien en Oklahoma. «C'est vrai que quand je suis arrivé, les gens se demandaient «Thabo qui?» Il y a eu une bonne dynamique et j'ai, je crois, su apporter mon énergie et mon jeu défensif. Et nous avons vraiment un des meilleurs publics de la NBA. Il nous pousse tout le temps.»

Du coup, le Veveysan se réjouit d'y retourner, au début du mois de septembre. «Je rentre exprès plus tôt pour trouver un logement pour ma famille (réd: sa compagne attend un deuxième enfant d'ici à cinq semaines). Depuis le transfert, nous avons vécu à l'hôtel. Par ailleurs, l'équipe devrait se renforcer lors de la draft. Je me sens bien à Oklahoma City. Il y a vraiment une bonne ambiance, une bonen équipe. D'ici peu, on pourra véritablement être compétitifs, même dans la Conférence ouest!» /ftr