Services étatiques main dans la main pour gérer l'asile

Le canton de Neuchâtel a fait le point aujourd'hui sur la situation sur le front de l'asile. Il souligne la nécessité urgente de mener une analyse globale des besoins et de proposer des mesures coordonnées avec la Confédération et entre les services impliqués.

31 janv. 2013, 14:08
Les conseillers d'Etat Thierry Grosjean et Laurent Kurth avec le chef de la Police neuchâteloise Pascal Luthi.

Les problèmes de sécurité qu'a connu l'automne dernier le centre de requérants d'asile de Perreux sont aujourd'hui maîtrisés, grâce aux mesures prises. L'augmentation de la charge de sécurité, qui a nécessité l'octroi en urgence d'un crédit additionnel de près de 900'000 fr. a permis de calmer la situation. Ainsi, une société de sécurité privée est présente 24h/24h sur le site avec deux agents.

Ces mesures quantitatives, ainsi qu'une présence plus fréquente de la police et une surveillance étroite impliquant notamment des fouilles inopinées, montrent toutefois leurs limites. 

C'est ce qu'ont expliqué ce matin deux conseillers d'Etat neuchâtelois devant la presse conviée à une présentation sur la situation de l'asile dans le canton. Le chef du Département de l'économie, Thierry Grosjean et celui de la Sécurité, Laurent Kurth ont présenté, sur le site de Perreux, un bilan de situation et esquissé des perspectives.

Aux yeux de l'exécutif cantonal, la nécessité de mener une analyse globale des besoins et de proposer des mesures coordonnées est urgente, cela afin que le canton puisse continuer à accueillir dans de bonnes conditions les requérants qui respectent nos lois et afin que la population neuchâteloise puisse continuer à vivre tranquillement.
 
Les deux ministres estiment qu'"une réflexion nouvelle à la fois les questions d’asile mais aussi sécuritaires et tenant compte d’un contexte géopolitique nouveau ainsi que des dernières évolutions fédérales, doit avoir lieu." Elle  sera menée par une ressource spécifiquement dédiée à cet effet. Il ne s'agirait pas d'engager des mandataires extérieurs, mais de solliciter des ressource dans plusieurs départements, a expliqué Laurent Kurth.
 
Groupe de projet interdépartemental
 
Le DEC et le DJSF ont mis en place un groupe de travail interdépartemental chargé d'évaluer l'existant et de plancher sur de nouvelles mesures à mettre en place. Les différents acteurs de la chaîne pénale et administrative se sont mobilisés afin d'optimiser les procédures existantes, assurer une meilleure coordination dans la mise-en-oeuvre des dispositifs existants et mettre en place une série de mesures destinées à améliorer la sécurité.
 
Les deux ministres, accompagnés du chef du Service des migrations, Serge Gamma et du commandant de la Police neuchâteloise Pascal Luthi, ont fourni toute une série de chiffres, à la fois sur les plans international et suisse et local.
 
Pour ce qui est de la situation neuchâteloise, le canton a accueilli en 2012 660 nouveaux requérants, soit une hausse de 20% par rapport à l'année précédente. Dans le même temps, 560 d'entre eux sont sortis du canton. Le principal centre d'accueil, celui de Perreux, pratiquement au maximum de sa capacité, accueille en ce moment 148 résidents, dont huit familles.
 
Au total, le canton gère 1377 dossiers, y compris les personnes au bénéfice du statut de réfugié, pour lesquels mandat est donné au Centre social protestant et à Caritas. Sur ce nombre, 760 personnes relevant de l'asile sont placées dans 330 appartements du canton.
 
Sur le plan suisse, les prévisions pour 2013 annoncent de nouvelles hausses, indiquent les autorités neuchâteloises. Afin de donner les moyens aux collectivités publiques de faire face à ces augmentations, la Confédération, les cantons et les communes suisses ont fait part de leur volonté unanime d'accélérer les procédures, de raccourcir les délais de recours, de signer de nouveaux accords de réadmission ainsi que d'augmenter le nombre de places relevant de la Confédération.
 
Les cantons seront chargés, avec le soutien de la Confédération, de créer davantage de places de détention administrative. Le Conseil d'Etat neuchâtelois a accueilli cette volonté d'agir avec satisfaction et espère que les propositions faites puissent être mises en oeuvre d'ici à fin 2013 comme annoncé.
 
Situation sécuritaire
 
Pascal Luthi souligne que seule une petite minorité - une vingtaine dans le canton - est responsable de la  plus grande partie des délits qui défraient régulièrement la chronique. Ces personnes, dont beaucoup sont issues des régions ayant vécu le "printemps arabe" sont des "multirécidivistes au comportement totalement destructuré."
Sur le plan de la délinquance en général, Pascal Luthi rappelle que un pour cent des auteurs identifiés commettent 15% des délits.
 
Le commandant de la Police neuchâteloise note également la présence de criminels d'ex-Urss (Géorgie principalement), très organisés, au contraire de ceux venant du Maghreb. A cet égard, des opérations de police préventive, où des suspects sont contrôlés, permet de déjouer des projets criminels.