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«Réinventer l’eau chaude», l’Air du temps de Sylvie Balmer

Grimaces et vieux singes, découvrez la chronique de Sylvie Balmer.

13 juil. 2020, 05:30
AirDutemps-SylvieBalmer

On a travaillé moins, alors on a profité plus. On a regardé fleurir les cerisiers et le soleil se coucher. On a appris à faire notre pain, du sirop de sureau et de l’ail des ours en pesto. On a surveillé les progrès des enfants en patins à roulettes et on a réparé notre bicyclette. On a acheté en vrac, on a consommé moins, bio et près de chez nous. On a levé la tête de notre nombril pour prendre des nouvelles de nos voisins. On a fait tout ce qui était prôné il y a un demi-siècle par les hippies, ces écolos pacifiques qu’on proposait alors de pendre aux arbres tant qu’il en restait.  

Dans les institutions culturelles les plus académiques, on s’est démené pour offrir une programmation «corona-compatible». On a vidé les théâtres de leurs sièges pour assister à des représentations debout. On a monté des spectacles itinérants dans les rues, des expositions à l’extérieur, des concerts sur des balcons. En gros, tout ce que font depuis toujours les artistes de rue avec les bouts de ficelle qu’on veut bien leur donner… On a alors vu les plus conformistes des brevetés en ingénierie culturelle se féliciter de leur audace, de ces prises de risque «de ouf!». On a entendu ceux qui croient que La Mecque du théâtre est Avignon et n’ont jamais mis un pied à Aurillac revendiquer sans rougir la résistance, l’inventivité, la radicalité.

Tout ça pour dire que si l’on n’a toujours pas trouvé de vaccin pour le Covid, la crise sanitaire aura au moins permis de réinventer… l’eau chaude.

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