Redécouvrir sa propre région

Trois Neuchâtelois certifiés guides-interprètes du patrimoine. Objectif: proposer de nouveaux produits touristiques aux groupes Découvrir la nature, le patrimoine bâti, l'histoire de sa région, c'est bien. Le faire avec un guide expérimenté, c'est mieux.
01 août 2015, 23:16

Et justement, huit candidats de la deuxième volée des «guides-interprètes du patrimoine (GIP)» ont obtenu leur certificat hier à Neuchâtel.

Parmi lesquels trois lauréats du cru: le biologiste chaux-de-fonnier Yves Bilat, Corinne Nicaise Marcacci, de l'Association du moulin de Bayerel au Val-de-Ruz, ainsi qu'Alexandre Bardet, journaliste à «L'Express» et «L'Impartial». Leur titre sanctionne plusieurs centaines d'heures de cours, dispensées en formation modulaire par l'Association pour la formation des GIP (Asgip).

GIP? Un acronyme qui cache la volonté de promouvoir un tourisme vert et axé sur le développement durable, en mettant en valeur des sites touristiques et patrimoniaux, naturels ou construits.

Un GIP est une personne capable d'organiser et d'animer des visites pour un public de non spécialistes en s'appuyant sur des techniques pédagogiques et des connaissances pluridisciplinaires.

Clientèle régionale

Lors de sa formation, chaque candidat doit réaliser un projet de «produit» touristique. Yves Bilat a ainsi mis sur pied des balades dans les gorges de l'Areuse, autour de la découverte des chauves-souris. «Le but est de développer ce projet dans d'autres endroits de l'Arc jurassien et de ne pas être dépendant d'un seul lieu géographique», observe-t-il.

Mais le biologiste réfléchit également à d'autres offres «vendables», comme des balades nocturnes en raquettes à neige, pour découvrir des traces des animaux.

Reste que si, à terme, Yves Bilat espère retirer jusqu'à la moitié de ses revenus de ses activités de GIP, il convient qu'actuellement «il faut créer une demande». Car si celle-ci existe en Valais, la donne diffère dans les régions périphériques.

Aussi la tâche des GIP est-elle également de se faire connaître du public. Principalement auprès des habitants du cru qui méconnaissent souvent leur propre région. Mais qui en seraient les meilleurs ambassadeurs. Rien d'étonnant donc à ce que les prestations des GIP s'adressent d'abord à eux, ainsi qu'aux milieux scolaires, plutôt qu'aux touristes de passage. Du moins pour l'heure.

Avec la formation de GIP, la Suisse comble une part du retard qu'elle accuse sur ses voisins, notamment français. Reconnue par la Fédération suisse du tourisme, porteuse du projet, la formation devrait à terme porter le titre de brevet fédéral. / DJY

www.asgip.ch