Point de vue de Simon Frenkel: «Le port du slip»

Le slip? «Les règles d’utilisation sont pourtant simples», écrit Simon Frenkel, troubadour franco-folk. Comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer sur des sujets d’actualité.
19 oct. 2020, 11:33
Le slip: il dissimule une intimité que nous promenions jadis en pleine lumière.

Il n’aura échappé à personne qu’un nouveau sujet de conversation nous est tombé sur le nez: le port du slip. Le débat est parfois stérile, souvent excité, et, pêle-mêle, nous entendons différentes éructations: le slip, c’est de la dictature sanitaire! Pas de liberté en portant un slip! Il fait trop chaud pour porter un slip! Etc.

Les temps sont tellement confinés que nous comprenons l’envie de laisser sortir ce qu’on couve. D’autant plus que nous vivons dans un temps du jugement immédiat bien trop rapide pour tout ce qui demande à être digéré lentement.

Il faut veiller à porter un slip propre chaque jour.

Mais remarquons tout de même ces drôles qui, par flemme, rétivité ou ignorance, trouvent leur originalité dans le fait de porter leur slip inefficacement. Les règles d’utilisation sont pourtant simples: il faut veiller à porter un slip propre chaque jour; il faut éviter d’emprunter un slip à un.e proche; il est d’usage de ne pas se toucher le slip tout le temps; le slip fonctionne mieux si tout est rangé dedans.

C’est vrai qu’il dissimule une partie dite importante de notre identité, une intimité que nous avions jadis l’habitude de promener à la lumière du monde. Avec le prix des slips et les déchets qu’ils deviennent, c’est le vrai point délicat.

Maintenant que l’humide froid est là, que nous nous rassemblons, fenêtres fermées, dans la chaleur de nos foyers, nous nous souvenons de ce que nous savons par l’expérience: loufer au carnotzet se sent plus fortement que de péter au grand air. C’est donc bien vrai, où qu’on soit, un slip ne retient pas tout. Mais pour les grosses gouttelettes, ça aide.