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Point de vue de Nicolas Jutzet: «Eligibilité des étrangers: supprimer une incohérence»

Les étrangers, dans le canton de Neuchâtel, ne sont pas éligibles sur le plan cantonal. «Supprimer cette incohérence permettrait de renforcer notre démocratie en augmentant sa représentativité», plaide Nicolas Jutzet, vice-président des Jeunes libéraux-radicaux suisses.

08 mai 2020, 15:00
Les étrangers ne peuvent pas être élus au Grand Conseil ou au Conseil d'Etat neuchâtelois. En 2016, le peuple avait dit non.

Les électeurs ont refusé d’accorder le droit de vote dès 16 ans. L’argument principal des opposants de droite était que les droits et les devoirs doivent aller ensemble. Je partage cette analyse. Cet argument me force à questionner nos droits démocratiques actuels, car une partie des habitants du canton a des devoirs sans bénéficier des droits qui vont avec: les étrangers.

A ce jour, les étrangers, âgés de 18 ans révolus, qui sont au bénéfice d’une autorisation d’établissement et qui y sont domiciliés depuis au moins 5 ans ont le droit de voter au niveau communal et cantonal, peuvent être élus dans leur commune, mais ce droit d’éligibilité leur est refusé au plan cantonal.

Le système est contradictoire. Il dit qu’un étranger est apte à être élu, mais seulement au plan communal.

Alors qu’elle peut se justifier à l’échelon fédéral, à cause de l’obligation de servir, cette «discrimination» n’a pas lieu d’être au niveau cantonal, car rien ne différencie un étranger d’un «Neuchâtelois» en termes de «devoirs» cantonaux.

Le système est contradictoire. Il dit qu’un étranger est apte à être élu, mais seulement au plan communal. On juge donc qu’il est potentiellement capable de siéger à l’exécutif de la ville de Neuchâtel avec ses 30 000 habitants, mais incapable de faire des lois avec 115 autres députés au niveau cantonal? De plus, pourquoi un résident établi depuis plus de 5 ans ici, mais de nationalité étrangère, serait moins apte à se présenter au Grand Conseil qu’un individu qui vient de déménager dans le canton, à qui on accorde ce droit par le simple fait qu’il est Suisse?

Supprimer cette incohérence permettrait de renforcer notre démocratie en augmentant sa représentativité.

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