Point de vue de Claude-Alain Kleiner: «Vases communicants?»

«A ce jour, toutes les études scientifiques vont dans le même sens: le niveau des élèves monte! Hélas, pas pour tous…», écrit le pédagogue Claude-Alain Kleiner. Comme d’autres personnalités locales, nous l’invitons à s’exprimer régulièrement sur des sujets d’actualité.

20 nov. 2019, 12:00
Pour Claude-Alain Kleiner, l’Ecole a besoin de moyens supplémentaires pour les élèves les plus démunis.

«De vraies réformes correctives, pas un emplâtre sur une jambe de bois!» … Tel est le vœu émis par les associations professionnelles à propos de la réforme du cycle 3, lors de leurs assemblées. L’appel des enseignants neuchâtelois à leur ministre de tutelle résonne ainsi en totale asymétrie du rapport agréé par le législatif cantonal sur ce même sujet. C’est dire l’ampleur de l’écart de vue entre les décideurs et les praticiens. Quid des vases communicants…

Pour dire vrai, tous deux ont tort et raison à la fois. Non, la réforme du cycle 3 n’est pas aboutie. Mais ce n’est en aucun cas une raison pour revenir au système des sections qui, trop longtemps, a déployé ses effets pervers, au détriment des plus démunis surtout. Oui, comme nous le ressassons depuis des années, l’Ecole a besoin de moyens supplémentaires, plus spécialement consacrés à ces élèves-là. Faut-il rappeler l’objectif de cette réforme? L’amélioration du niveau des élèves afin d’assurer l’intégration professionnelle de tous, dans le respect des compétences de chacun…
 

L’écart se creuse entre les compétences des meilleurs et les insuffisances des autres.

Ce fameux niveau, parlons-en! Refrains aux senteurs de naphtaline pour les uns, arrogance suffisante des autres… La question va et vient au gré des fantasmes des nostalgiques et du déni des gérants de l’école. A ce jour, toutes les études scientifiques vont dans le même sens: le niveau des élèves monte! Hélas, pas pour tous… L’écart se creuse entre les compétences des meilleurs et les insuffisances des autres, plus que jamais déconnectés du marché du travail. Quid des vases communicants…

Ainsi, enfants en difficultés, parents et enseignants, méritent d’être soutenus, tous degrés confondus. A coups de réformes certes, de soutien pédagogique supplémentaire surtout.

A l’évidence, l’Ecole n’est pas prête encore à conforter le propos d’André Breton, désireux de démontrer, par la métaphore des vases communicants, que monde réel et monde du rêve ne font qu’un.