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Plus moderne avec moins

Baptisé «Renard», un ambitieux projet veut réformer le domaine des établissements spécialisés neuchâtelois. Objectif: économiser cinq millions. Mais aussi moderniser l'offre Un jeu de mots pour réformer les établissements spécialisés: c'est sous l'appellation futée de «Renard (Réalisation des établissements sociaux neuchâtelois ambulatoires et résidentiels de demain, sic!)» que le conseiller d'Etat Roland Débely a présenté hier un ambitieux programme. Objectif principal: économiser cinq millions de francs par an.

12 sept. 2006, 12:00
Ambulatoire privilégié

Mais pas seulement: avec 18 fondations, 25 établissements et une trentaine d'ateliers et sites d'enseignement, le projet doit aussi simplifier la prise en charge des 3000 personnes qui, bon an mal an, recourent à cette vaste palette de services. Des enfants, adolescents et adultes en situation difficile, voire de crise, pour cause de handicap mental ou physique, de dépendance ou de problèmes d'intégration scolaire ou professionnelle.

«Renard» met donc son nez dans un dossier touffu. Et il aboutira à des changements en profondeur, dont les premiers prendront effet en 2007 déjà: fusion de fondations, fermetures et regroupement de sites, baisse du nombre de places de résidents au profit de traitements à domicile ou en ambulatoire, notamment.

Avec, à la clé, une baisse des coûts: «Nous comptons réaliser une économie de 10% sur les 56 millions de francs qui sont annuellement à la charge du canton, explique le chef de la Santé et des Affaires sociales. Il s'agit aussi de nous adapter aux exigences de la nouvelle péréquation fédérale (RPT), qui reporte certaines charges sur les cantons.» Ainsi, la facture pourrait passer à plus de 90 millions dans ce domaine, même si, globalement, la RPT doit rapporter 15 millions supplémentaires à Neuchâtel.

Ce renard possède cinq pattes: les addictions, les mineurs handicapés, les ateliers, les enfants et adolescents et, enfin, les hommes et femmes en difficultés sociales. Dans chaque domaine, il est prévu de réorganiser l'offre de prestations. Exemples? Pour ce qui est des dépendances, il est prévu de réunir le Devens, la Fondation Ressource, la Fondation Goéland, le Drop'In, le CPTT, le Capt et le Cenea sous une seule fondation, chargée de l'ambulatoire, du suivi à domicile et du résidentiel. Avec réduction du nombre de sites en conséquence.

La même idée domine partout ailleurs: moins de fondations, moins de sites, moins de lits résidentiels et plus d'ambulatoire, le canton de Neuchâtel étant suréquipé en lits en moyenne suisse. «Avec environ 1300 places, nous pouvons accueillir bon nombre de patients venant d'autres cantons», indique Roland Debély.

Réductions d'effectifs aussi

Côté personnel, le secteur emploie 1200 personnes, pour 970 postes à plein-temps. Là aussi, la nécessité d'économiser passera par des suppressions de postes. Le taux de rotation et des départs en retraite doivent permettre d'éviter des licenciements.

Plusieurs fondations ont déjà accepté de fusionner. Pas toutes: «On sent déjà, ici où là, quelques volontés de blocage, soupire le conseiller d'Etat, qui a déjà informé tous les partenaires concernés et qui préside le comité de pilotage. Mais les enjeux globaux sont bien compris.» «Renard» ne devrait donc pas susciter de rage incurable... / FRK

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