Peur bleue, nuit blanche

02 août 2015, 18:48

En digne émule d'Indiana Jones, de Tintin au Congo et de Micheline Calmy-Rey à Tripoli, j'ai payé de ma personne pour étancher ma soif d'aventure. Cet été, j'ai passé une nuit à la belle étoile avec, en option, la douceur de l'air et un coucher de soleil sur le lac, évidemment magnifique. Tombe le soir et tout se gâte. Les inconscients s'endorment. Les autres, l'oreille en éveil, se crispent au plus insignifiant froissement.

Mais au c½ur de l'obscurité, on se fait vite son cinéma sous les étoiles. La moindre branche qui craque annonce la présence, c'est certain, d'une bête sauvage.

La nuit n'a pas le temps de nous porter conseil. Difficile de s'endormir les sens constamment en alerte. Un bruit soudain, un de plus. Quelque chose qui se déplace dans l'herbe et remue les feuilles mortes sans même chercher à cacher sa présence. Un lynx, un renard, une bête féroce échappée du zoo du Bois du Petit-Château, des canards déchaînés? On n'en saura rien.

Le calme revenu, on tente de trouver le sommeil en comptant les moutons pas encore égorgés par la créature qui rôde.

Enfin l'aube. Encore vivants par on ne sait quel miracle, on croise le castor impassible, on sort la limace qui s'est glissée dans notre sac de couchage et on tente de se débarrasser des puces de canards qui nous ont, elles, réellement attaquées avec voracité, mais en silence