Patrick Erard soigne sa gauche

03 nov. 2010, 09:51

«Je ne serai pas plus agressif vis-à-vis de la personne de Thierry Grosjean.» Patrick Erard part à l'offensive contre le parti qu'il représente et veut communiquer sur les valeurs de gauche qu'il défend. Le deuxième tour de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat est lancé. C'est accompagné des présidents des Verts, du Parti socialiste et du Parti ouvrier populaire (POP) que le coup d'envoi a été donné hier au château de Neuchâtel.

Premier angle d'attaque du candidat de la gauche unie: l'emploi. Le canton de Neuchâtel a refusé la révision de l'assurance chômage, rappelle-t-il. «Contrairement au PLR.» Opinion partagée par le popiste Denis de la Reussille. «Thierry Grosjean est quelqu'un qui a des positions marquées, dont une est le vote de la révision de l'assurance chômage. Elle aura des conséquences pour toutes les communes neuchâteloises.»

Deuxième pique: la réinsertion. «Il faut que le public et le parapublic s'investissent massivement», lance Patrick Erard. «Là aussi, il y a des divergences.» Troisième point de désaccord: la formation. «Il y a de grandes divergences d'opinion. Nous avons le sentiment que la formation se met au service de l'économie. La volonté du PLR est de mettre en place certaines mesures qui déstabilisent les élèves, les parents et le corps enseignant.»

Patrick Erard ne s'arrête pas là. Et de souligner que le PLR et Thierry Grosjean veulent supprimer le Service cantonal de la cohésion multiculturelle. Une aberration pour le président du PSN Baptiste Hurni. «Le canton de Neuchâtel a le plus faible taux de criminalité étrangère et le plus fort taux de population étrangère. L'intégration fonctionne.»

Pour Patrick Erard, durant cette législature, «énormément d'enjeux vont concerner les villes, particulièrement celles du Haut». Il y a donc aussi une problématique régionale. Pour le président des Verts Fabien Fivaz, «tous les grands projets qui ont été menés à bien durant cette législature ont été portés par les ministres socialistes».

«Et si on faisait de la politique?», lance Baptiste Hurni. «Je veux qu'on parle des idées.» C'est, dans tous les cas, sur ce terrain que la gauche unie veut placer le débat. Histoire aussi de mobiliser un maximum d'électeurs. /dad