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Pas de taxe, mais un défi

Les milieux patronaux ne veulent pas d'une nouvelle ponction, mais ils sont prêts à s'engager C'est tout sauf une surprise: les milieux patronaux neuchâtelois ne veulent pas d'une nouvelle pression sur les salaires. Ils refusent donc la taxe de 0,3% sur la masse salariale, que le Conseil d'Etat entend instaurer pour alimenter pendant deux ans un fonds d'intégration. Fonds qui, du point de vue gouvernemental, devrait favoriser l'insertion (ou la réinsertion) professionnelle des jeunes de moins de 30 ans émargeant à l'aide sociale. Le montant obtenu après prélèvement auprès des employeurs privés et publics (on parle de 12 millions) devrait permettre de subventionner jusqu'à 60% des salaires.

19 oct. 2006, 12:00

Sur les 900 personnes entrant dans cette catégorie, 300 sont insérables tout de suite. «Si c'est le cas, mettons-les au travail», s'exclame Pierre Hiltpold, directeur de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l'industrie (CNCI). Qui lance un défi aux entreprises, en les invitant à engager ses jeunes. Et à les payer comme n'importe quel nouveau collaborateur. «Si on veut intégrer, il ne faut pas d'emblée en faire des cas particuliers.»

«Si ces gens peuvent travailler, mettons-les au travail»

A ses yeux, l'Etat y gagnerait, en économisant sur les prestations sociales. Et les patrons aussi: au bout d'un an, selon la contre-proposition de la CNCI, ils se verraient restituer une partie de leur engagement. Pour un montant encore à déterminer. «De toute manière, il faut qu'on en discute. Le Conseil d'Etat nous a présenté cette mesure en septembre. Nous lui avons répondu par courrier. Nous attendons maintenant de pouvoir échanger sur la question avec lui», souligne Pierre Hiltpold.

Présent mardi à l'assemblée de l'Union neuchâteloise des arts et métiers, Jacques-André Maire trouve «intéressante» l'idée d'un partenariat Etat- employeurs. Mais avec la proposition de la CNCI, l'objectif budgétaire ne serait pas atteint, objecte le chef du Service de la formation professionnelle. Il manquerait quelque 4 millions. C'est que ces jeunes à réintégrer doivent être encadrés de manière quasi individuelle. La plupart ont souvent interrompu leur formation, qu'il s'agit maintenant de compléter. L'expérience vaudoise - menée avec 100 jeunes - montre que la démarche est astreignante, ajoute-t-il.

Cela dit, la voie du Conseil d'Etat lui paraît encore moins dégagée. Politiquement en tout cas. Directeur du Bureau neuchâtelois des métiers des bâtiments - et député libéral au Grand Conseil -, Jean-Claude Baudoin ne s'en cache pas: la taxe sur les salaires peut être, pour la droite, un motif de refus du budget 2007. /SDX

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