Pas d'ADN à l'époque de Columbo

Une série culte où certaines preuves scientifiques étaient encore des termes lointains et obscurs... Découvrez le billet d'Antonella Fracasso.
21 mai 2022, 05:30
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Si je vous dis «imper» froissé, cigare au bec et vieille Peugeot 403? C’est bien sûr le lieutenant Columbo! Je suis une inconditionnelle de ce anti-héros maladroit, qui sous son air naïf réussit toujours à démêler le vrai du faux. 

Les multirediffusions de cette série culte sont du pur bonheur. Lancée en 1968, elle avait bouleversé le genre en dévoilant l’identité du meurtrier dès la première scène. Mais le suspens n’est pas plombé pour autant. Car c’est un régal de contempler ce flic coincer le méchant, en ressassant les péripéties de sa femme et de son basset, prénommé «Le chien».

Ce fils d’immigrés italiens modestes, qui enquête la plupart du temps dans les quartiers huppés de Los Angeles, est d'ailleurs souvent méprisé par les gens qu’il côtoie. Et sous-estimé à tort. 

En fan incontestée, je me demande toutefois: malgré son flair infaillible, les preuves parfois légères tiendraient-elles la route de nos jours (pour les premiers épisodes du moins)? Cela témoigne assurément d’une époque où l’ADN était encore un terme obscur. Idem pour les bornes téléphoniques et les cartes bancaires qui permettent aujourd’hui de suivre un suspect à la trace. 

Ces enquêtes du passé, où l’intuition primait, interpellent sur de potentielles erreurs judiciaires. Fort heureusement, ce n’est pas le cas pour Columbo, qui coffre toujours le coupable. Au fait, «j’oubliais, j’ai une dernière question»...

par Antonella Fracasso