Obama entravé

04 nov. 2010, 09:03

L'opinion n'a pas de mémoire: les Américains ont fait payer au prix fort à Barack Obama une crise qu'il n'avait en rien contribué à déclencher. Ironie du sort, ce sont ceux-là mêmes qui en sont largement responsables, les républicains, qui raflent la mise. Privé de majorité à la Chambre des représentants et ne pouvant s'appuyer que sur une majorité étriquée au Sénat, Obama n'aura que très peu de moyens de concrétiser la politique de changement qu'il avait initiée. Poussés par leur aile ultraconservatrice, les républicains s'apprêtent en effet à bloquer systématiquement toute réforme nouvelle, et à torpiller celles qui sont en cours. Cela veut dire, notamment, que la régulation attendue du système financier pourrait passer à la trappe. Les républicains entendent aussi réduire drastiquement les dépenses de cet état central qu'ils jugent trop puissant. L'éducation et la santé en feront principalement les frais. Le budget militaire, lui, porté par Obama au niveau record de 710 milliards de dollars n'a rien à craindre. Reste à voir comment les républicains pourront réduire les montants publics colossaux octroyés à l'économie et à la finance sans aggraver la crise. Quant au conflit du Proche-Orient, l'alignement constant de la droite dure américaine - soutenue par les chrétiens fondamentalistes - sur l'extrême droite au pouvoir en Israël risque de réduire à néant toute initiative de paix. Les mouvements de bascule des élections de mi-mandat sont certes un classique de la politique américaine. Mais, si les républicains ne peuvent faire taire leurs sirènes extrémistes, le pire est à craindre.