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«Nous avons peur pour nos familles en Suisse», raconte un Neuchâtelois résidant à Pékin

«ArcInfo» avait contacté Romain Barrabas, employé neuchâtelois à l’ambassade de Suisse à Pékin, au début du mois de février. Plus d’un mois et demi après, il livre un nouveau témoignage sur l’évolution du coronavirus en Chine et son explosion en Suisse.

02 avr. 2020, 12:15
La famille Barrabas vit des jours (presque) normaux à Pékin en ce début avril.

«Désormais, c’est nous qui avons peur pour nos familles en Suisse. Je téléphone régulièrement à mes grands-parents et mes parents, je lis davantage les journaux suisses… En l’espace d’un mois et demi, les pôles d’inquiétude se sont complètement inversés.»

Début février, «ArcInfo» avait contacté le Vaudruzien Romain Barrabas, chef adjoint de la section culture et média de l’ambassade de Suisse à Pékin, pour évoquer la situation dans la capitale chinoise en pleine expansion du coronavirus. Plus d’un mois et demi après, alors qu’un certain confinement a été décrété dans nos contrées, la vie reprend (très) gentiment mais sûrement en Chine.

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Moins de risques, davantage de contrôles

Le nombre de nouveaux cas dans le pays est en diminution ces derniers jours (seulement 86 le 1er avril pour un total de 82 631 cas et 3321 morts, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé). Les habitants de la région du Wuhan, berceau de la pandémie, devraient même être libérés de leur quarantaine le 8 avril.

A Pékin, la situation est toutefois bien différente. «Nous avons le droit de sortir, mais les contrôles sont partout», explique Romain Barrabas. Pour lui, la raison ne fait aucun doute: «Les autorités craignent certainement une rechute dans une ville qui est stratégique pour la Chine, notamment au niveau politique. La capitale sera l’une des dernières à être totalement libérée de tout contrôle», estime-t-il.

L’accès aux établissements publics est à nouveau autorisé. Mais avant d’entrer, il faut montrer patte blanche. «Nous devons laisser notre numéro de téléphone et de passeport, notre adresse, et on nous prend la température.» Idem pour un rendez-vous chez le dentiste: «J’ai dû lui présenter un QR Code en lien avec mon opérateur mobile, pour prouver que je n’étais pas sorti de la ville.» Sinon? «J’aurais pu avoir des problèmes», assure le Neuchâtelois.

Ces longs mois passés en quarantaine ont habitué les Chinois. Le réflexe de rester confiné est encore très présent.
Romain Barrabas, chef adjoint de la section culture et média à l’ambassade de Suisse à Pékin

Retour dans les parcs

Dans une propagande qui s’est intensifiée ces derniers jours, les autorités chinoises martèlent que les seuls cas désormais découverts sont importés. «Une grande partie de la population craint désormais les ressortissants étrangers, même si la plupart des cas importés le sont par des Chinois de retour au pays», nuance cependant le Vaudruzien.

Plus généralement, plus grand monde n’entre ni ne sort de la ville. «Le nombre de vols à destination de la capitale a passablement diminué (réd.: de 43% depuis le début de l’année 2020, selon l’aéroport international de Pékin). Si nous partons à l’étranger, nous ne sommes pas certains de pouvoir rentrer, ni à quelles conditions», souffle Romain Barrabas. Sa compagne et sa fille, en séjour en Suisse durant le Nouvel An chinois (du 24 au 30 janvier), n’ont pu regagner la Chine que début mars.

Malgré tout, les balades dans les parcs se font de plus en plus nombreuses. Mais la famille helvétique n’a pas à jouer des coudes comme à l’accoutumée. «Ces longs mois passés en quarantaine ont habitué les Chinois. Le réflexe de rester confiné est encore très présent.» Par contre, les bouchons routiers, eux, ont repris de plus belle. Là aussi, c’est une question d’habitude: «Les habitants évitent encore les transports publics, de peur d’attraper la maladie.»

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