Neuchâtel: le Grand Conseil veut que la BNS tienne compte des risques climatiques

Les députés du Grand Conseil neuchâtelois ont adopté une recommandation demandant que le canton, en tant qu’actionnaire, intervienne auprès de la banque nationale afin de faire respecter l’Accord de Paris sur le climat dans sa politique de placements.
30 sept. 2020, 11:25
Le Grand Conseil, ici ce mardi 29 septembre, a chargé son exécutif de s'approcher de la BNS au sujet des risques climatiques.

Les députés neuchâtelois ont accepté mercredi une recommandation demandant que le canton, comme actionnaire, intervienne auprès de la Banque nationale suisse (BNS), afin que ses placements respectent l’Accord de Paris sur le climat. Des risques financiers «significatifs» ne sont pas considérés, selon le groupe POPVertsSol.

«La BNS est un des plus larges investisseurs d’entreprises telles qu’ExxonMobil et Chevron, qui font partie des entreprises pétrolières les plus polluantes au monde. Ces investissements, prétendus neutres par la BNS, puisqu’il s’agit de placements passifs, ne le sont en réalité absolument pas», a déclaré la Verte Sera Pantillon.

«Risques significatifs»

«Au vu des montants faramineux investis dans des entreprises aussi néfastes pour l’environnement que la société, force est de constater que les risques pourtant significatifs ne sont pas considérés» par la BNS, peut-on lire dans le texte de la recommandation. Sera Pantillon a rappelé qu’avec la crise pétrolière liée au Covid-19, les pertes de la BNS dues aux actions pétrolières d’ExxonMobil et Chevron sont de plus de 500 millions de dollars depuis janvier.

Outre les risques environnements, le dérèglement climatique pose aussi d’immenses risques financiers, si les placements effectués n’en tiennent pas compte, a ajouté la députée.

La BNS doit rester «indépendante»

Le Conseil d’Etat était opposé à cette recommandation, pas sur le fond, mais sur la forme. Laurent Kurth a déclaré que cette question «est déjà thématisée aux assemblées générales de la BNS».

Selon le conseiller d’Etat, la BNS doit rester une institution indépendante dans la conduite de sa politique monétaire. «Cela serait assez malsain que les cantons fassent pression et fixent le cadre d’intervention de la banque centrale qui doit être défini au niveau fédéral», a ajouté Laurent Kurth.

«Sur le long terme, les ressources fossiles seront épuisées. Il est légitime d’intervenir, car les bénéfices redistribués aux cantons pourraient être menacés», a répondu Sera Pantillon. Au final, la recommandation a été acceptée par 62 voix contre 35 et huit abstentions.