Une optique du couple...

03 avr. 2007, 12:00

«Depuis le début, nous avions une relation assez tendue», résumait Marie* devant le Tribunal de police. Elle portait plainte contre son ex-compagnon, Marco*, prévenu de lésions corporelles simples, voies de fait, séquestration et enlèvement. Il l'avait frappée à diverses reprises, y compris, une fois au moins, avec une ceinture, et durant deux ans, lui avait fait subir des pressions, l'empêchant de disposer de son temps et de son argent. «Je fumais trois cigarettes de la soirée, il m'engueulait. Je ne pouvais pas charger ma clé à café, m'acheter un petit pain. Après le travail, il est évident que je devais rentrer tout de suite. C'est aberrant dans une vie de couple». Il n'aimait pas qu'elle sorte avec des amies. Un soir, il lui avait téléphoné de rentrer tout de suite «sinon tu auras une beigne pour chaque minute de retard» avait dit Marie à la police. Au Tribunal, elle affirmait même qu'il avait menacé de la buter, ce que Mario niait énergiquement. Marie, cela dit, relevait avec une franchise saluée par le président: «C'est dommage, il a eu de bons côtés. Il peut être très gentil. Il aurait juste eu un petit effort à faire. Je ne prétends pas être toute rose non plus». Mais «plus ça allait, plus j'avais besoin d'indépendance. Il avait une optique du couple, j'en ai une autre». Pourquoi ne pas l'avoir quitté plus tôt? «J'avais peur tout simplement». Marco disait ne pas s'être rendu compte des pressions qu'il lui faisait porter. «Dans un couple, il faut des accords. Mais si j'avais su qu'elle avait peur de moi, je l'aurais quittée de mon plein gré». Il a volontiers accepté la suggestion de consulter le service pour les auteurs de violences conjugales.

Le président Alain Rufener a retenu les voies de fait mais pas la séquestration, relevant certains témoignages «qui n'ont pas beaucoup aidé à faire éclater la vérité». Il a retenu une culpabilité assez lourde, consistant «à régler certains conflits par la violence, ce qui est inadmissible et évitable». A la décharge de Marco, son jeune âge, pas d'antécédants. Il a été condamné à 60 jours amende de 45 francs, avec sursis pendant deux ans, subordonné à l'assistance de probation qui organisera plusieurs séances auprès du service pour les auteurs de violences conjugales. /cld