Un «iceman» brise la glace

Joueur passionné de curling, Vincent Perrot-Audet sera le seul Neuchâtelois engagé comme bénévole au village olympique de Sestrières. L'occasion d'approcher les athlètes. Une récompense inestimable Un rêve de gosse! A 21 ans, Vincent Perrot-Audet s'apprête à partir pour Turin. Autour de son cou, son écharpe rouge et blanc «porte-bonheur» et, dans ses bagages, deux appareils photo et une caméra numérique afin d'immortaliser les moments forts des trois prochaines semaines. Demain, la veille de la cérémonie d'ouverture des 20es Jeux olympiques d'hiver, le jeune Chaux-de-Fonnier rejoindra Sestrières, l'un des trois villages olympiques avec ceux de Turin et Bardonnèche.

08 févr. 2006, 12:00

L'aventure débute l'été 2004. Après un reportage sur une chaîne française, Vincent se connecte sur le site internet des JO. «Aller aux JO, c'est un rêve de gosse. A défaut d'y participer comme athlète, j'y serai comme bénévole.» La confirmation ne tombe qu'une année plus tard, le 11 juin, «le jour de mon anniversaire. Le plus beau cadeau que je pouvais recevoir». La course au logement commence sans savoir exactement à quel endroit il sera envoyé. Il réserve à Turin. Il y a un mois, on l'avertit de son affectation à Sestrières, soit à 2h30 de distance de Turin... Conscient du peu de temps qui lui reste pour trouver un logement, le comité permet à Vincent de loger gracieusement au village olympique. Sestrières accueillera les athlètes de ski alpin, de bobsleigh, de skeleton, de combiné nordique, de luge, de saut à ski et de ski de fond, soit en tout 1700 personnes.

Joueur de curling passionné, Vincent espère pouvoir rejoindre de temps en temps le site de Pinerolo afin d'assister aux finales de sa discipline. «Mais pour l'instant, c'est la grande inconnue. Je ne sais pas si on pourra suivre librement les compétitions.»

«Mon rêve serait de rencontrer l'équipe de bobsleigh de Jamaïque, le symbole de la persévérance»

Mais alors, qu'est-ce qui pousse 20.000 volontaires à jouer des coudes pour être bénévoles, voyager à leurs frais, trouver et financer eux-mêmes leur hébergement sur place? A part le package de gadgets officiels à l'effigie de Neve et Gliz, les deux mascottes, le Chaux-de-Fonnier s'enrichira de beaux moments et de rencontres fortes. «Le contact avec les athlètes est très étroit. Je suis étonné par leur disponibilité. Si beaucoup restent concentrés, il est toujours possible de discuter avec eux avant les matches.» Pendant ceux-ci, le bénévole est attentif au moindre petit signe, à un regard de l'athlète. «Et après on a toujours un moment avec eux.» L'occasion pour Vincent de glaner quelques conseils ou plus. «A Gampitz, j'ai rencontré le capitaine de l'équipe suédoise, Peja Lindholm, probablement un des futurs médaillés. Nous avons discuté dans un anglais assez vague et il m'a donné son T-shirt.» Inestimable pour ce joueur passionné du Curling club Neuchâtel Sport. «Merci à Claude-Alain Vuille, qui m'a appris à jouer et à préparer la glace. Indirectement, c'est grâce à lui que je serai aux JO», salue-t-il. Sans emploi après un diplôme d'employé de commerce, Vincent se consacre au curling «entre deux petits boulots, faute de mieux». Moniteur Jeunesse et sport, il entraîne des étudiants canadiens depuis un an et demi. «Mon rêve serait de travailler dans le sport ou le journalisme. Ou, au moins, de me servir de mon diplôme d'employé de commerce.»

A Turin, Vincent pourra approfondir ses connaissances en anglais, allemand et italien. Les principales qualités d'un bénévole? «La patience avant tout. Il y a beaucoup de monde. On ne peut pas toujours accéder à nos demandes immédiatement.» Viennent ensuite l'aisance relationnelle, la passion du sport et... un peu d'aplomb! «J'aimerais rencontrer Didier Cuche et l'inviter dans notre club à Neuchâtel», poursuit le jeune homme.

A Sestrières, où les épreuves de bob sont prévues, l'attend un autre rêve: «Rencontrer les joueurs de l'équipe de bob de Jamaïque. Immortalisés dans «Rasta Rocket», mon film culte, ils symbolisent la persévérance et l'espoir d'aller au-delà des clichés». / SYB