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Sans travail, elle manifeste à la frontière

13 févr. 2008, 12:00

Depuis la semaine dernière, elle se rend en trottinette au Col-des-Roches en fin d'après-midi. Elle se plante au-delà du premier tunnel, devant le coq français, avec un linge éponge sur lequel on lit: «Suissesse en grève. A nous le boulot».

Elle, c'est Sylvette, une Vaudoise de 54 ans qui vient de s'installer au Locle. Elle est venue dans les Montagnes parce qu'on lui avait promis deux postes de travail, dans la restauration, domaine dans lequel elle baigne depuis 25 ans. Les deux offres lui sont passées sous le nez. Elle dit que ce sont deux Français qui ont été engagés. «Ils fonctionnent en clan. Je suis très en colère et je n'ai plus rien à perdre», lance-t-elle.

Sylvette affirme qu'elle n'est pas raciste. «Ce que je ne supporte pas, c'est l'arrogance de ces gens.» Depuis qu'elle manifeste au Col, elle prétend s'être fait copieusement insulter par des frontaliers - et surtout des frontalières - sur le chemin du retour. Mais elle a aussi eu des mots de soutien, de chauffeurs suisses pris dans la masse de pendulaires. «J'ai compté au moins 160 voitures en un quart d'heure.»

Ce que réclame Sylvette, c'est du travail. «Je trouve qu'en tant que Suissesse, j'y ai droit», dit-elle, mesurant les dix ans qui lui restent avant la retraite. Elle vient de s'inscrire au chômage. Et elle soutient qu'elle continuera d'aller manifester, toute seule, au Col, le temps qu'il faudra. «J'ai du caractère, vous savez!» /ron

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