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Le trafic de transit pris à bras-le-corps

Une cellule de crise transfrontalière s'est tenue jeudi à la Résidence. Avec un caractère d'urgence: le trafic de transit, déjà invivable, menace d'augmenter encore. Des solutions doivent être trouvées, et tout de suite. «Dans la population, on parle maintenant de «plaques jaunes» et ce n'est pas admissible.» Le conseiller communal loclois Charles Häsler ne cachait pas son inquiétude jeudi matin à la Résidence, lors d'une «cellule de crise» autour du trafic frontalier, initiée par Alain Bailly, chef de service à la Résidence, élu de France voisine, et frontalier lui-même. «Nous sommes aujourd'hui en zone rouge», résumait-il, évoquant des éléments tels que l'installation d'une nouvelle grande entreprise - Patek Philippe - au Crêt-du-Locle et la prochaine fermeture du pont de Biaufond, d'où un trafic de transit supplémentaire qui défilera au Locle.

25 nov. 2007, 12:00

Côté France, les problèmes sont les mêmes. Exemple: aux Fins, «12 000 véhicules descendent tous les jours. Il y a 1000 camions, et nous en aurons 2000 dans dix ans», signalait Albert Rognon, maire de Montlebon, conseiller général du canton de Morteau. Il assistait à cette séance en compagnie de Daniel Leroux, maire de Mont-de-Laval, conseiller général du canton du Russey, et Philippe Delfiol, capitaine aux Renseignements généraux à Pontarlier, qui se chargeait de faire remonter l'information auprès du sous-préfet de Pontarlier et jusqu'à Paris.

Un constat: «Nous n'avons pas programmé l'évolution de ce trafic. Nous, élus, sommes devant un fait accompli», lançait Daniel Leroux, rappelant que «la Suisse est le premier employeur des habitants de mon canton». «Nous vivons une expansion économique que je n'ai jamais connue», corroborait Charles Häsler.

Or, côté Suisse, la traversée du Locle est attendue pour 2015 en étant très optimiste. Côté France, la route des microtechniques n'est pas terminée, le contournement de Morteau n'est toujours pas à l'ordre du jour. Il faut de toute urgence trouver des solutions alternatives.

Des pistes ont été évoquées: par exemple la réouverture de la gare de Villers-le-Lac, qui avait été proposée par le conseiller communal loclois Claude Leimgruber. De même que la réouverture de la gare du Crêt a été applaudie des deux mains: «200 personnes prennent le train tous les jours entre Morteau et le Crêt», signalait Albert Rognon.

Des plateformes (parkings de délestage) devraient être installées à Villers-le-Lac, Morteau, aux Fins et à Grand-Combe-Châteleu (pont de la Roche). Autre piste: reprendre contact avec les entreprises pour organiser des transports par bus, comme c'est déjà le cas chez Cartier. «Quand j'étais gamin, je travaillais chez Kernen au Crêt-du-Locle, il y avait des dizaines de cars qui allaient chercher les gens!», se souvient Albert Rognon.

Le covoiturage a aussi été avancé. Avec des mesures coercitives au besoin, par exemple un filtrage en douane, en privilégiant les frontaliers qui sont plusieurs par véhicule. «Mais pourquoi des mesures coercitives seulement pour les Français?», protestait Charles Häsler, évoquant les colonnes continues dans le tunnel sous la Vue.

«L'état de notre planète n'est pas merveilleux», concluait Daniel Leroux, «mais il y a un changement de mentalité qu'il faut prendre en compte. La solidarité écologique, c'est quelque chose qu'il faut absolument faire passer». / CLD

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