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Des Chinois en repérage à Neuchâtel

Apprendre à se connaître pour avoir des chances de développer des affaires: le credo d'Alain Barbal, patron de la Promotion économique neuchâteloise, était traduit en actes hier.

10 août 2012, 07:27
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"Mettez-vous à l'aise... Je donne l'exemple, j'enlève ma veste!" Joignant le geste à la parole, Jean-Frédéric Dufour, patron de Zenith, se retrouve en bras de chemise. Il pilote ensuite ses hôtes chinois dans le dédale de l'entreprise locloise, dont les ateliers et services sont répartis dans 18 bâtiments sur 8000 m2.

Zenith a l'habitude des visites. Mais celle d'hier avait quelque chose d'un peu spécial. Sans la présence à Neuchâtel de la Victoria University (réd.: lire l'encadré) et sans les contacts de Xulong Dai, le vice-président exécutif de cette école privée, ces jeunes dirigeants fortunés d'entreprises en pleine expansion ne seraient pas venus au Locle. L'Office de développement économique (Open) a coorganisé la journée. Le but était de "leur montrer que la Suisse, ce n'est pas que des montagnes et du chocolat", explique son directeur Alain Barbal.

 

Les Chinois mangent... chinois

 

Le programme prévoyait donc une visite du Château, siège du gouvernement cantonal, suivi d'une montée, non à l'alpage, mais aux origines de l'industrie horlogère helvétique, à la découverte des Montagnes qui hébergent les sièges de plusieurs dizaines de marques parmi les plus connues au monde. Si la visite du Château a été ramenée à sa plus simple expression en raison d'une arrivée tardive à Neuchâtel - à Interlaken, ils avaient boudé le restaurant prévu pour lui préférer un établissement... chinois - les hôtes d'un jour ont apprécié au plus haut point leur incursion chez Zenith.

Le vice-président de la commune du Locle, Charles Häsler, qui leur avait souhaité la bienvenue, a découvert avec eux les locaux dont une bonne partie, rénovée, vient juste d'être remise en fonction après 8 mois de travaux. Les visiteurs ont d'ailleurs dû, un moment donné, se baisser pour passer sous un échafaudage. Pour les férus d'histoire, au mur d'un vieux bâtiment, le guide signale un cartouche GFJ, les initiales du fondateur de Zenith, Georges Favre-Jacot.

A l'issue de la visite, Jean-Frédéric Dufour fait un geste: pour toute montre achetée le soir même, l'entreprise consent un rabais de 10%. On ignore si l'argument a porté. Ceux qui étaient apparemment prêts à craquer exigeaient de pouvoir emporter immédiatement leur emplette. Comme dans un magasin. Dans le car, quelques sacs griffés attestent de l'engouement des visiteurs pour l'horlogerie suisse. Et Xulong Dai parle volontiers de la collection de Rolex de son père. Pas son style. Lui a préféré dessiner lui-même une montre aux armes de la Victoria University.