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Comment Le Locle est devenu en 15 ans une ville en mains popistes

Le Locle, POP Ville, ville communiste? Quelques pistes dans l'histoire politique récente de la cité horlogère peuvent expliquer ce phénomène à nul autre pareil, en Suisse dans tous les cas. Les dernières élections communales au Locle ont de nouveau été marquées par un renforcement du POP, le Parti ouvrier populaire. Alors que ces dernières années, les partis communistes reculent un peu partout en Europe occidentale, mis à part le cas de l'Allemagne avec Die Linke, les électeurs de la cité des Montagnes horlogères plébiscitent les popistes.

12 mai 2008, 12:00

Une seule personne, en l'occurrence le président de la Ville Denis de la Reussille, ne saurait expliquer ce phénomène. Même si son rôle de locomotive électorale est indéniable. Il faut aussi se replonger dans l'histoire politique récente de la Mère-Commune des Montagnes neuchâteloises. En 1991, Droit de parole, mouvement hors parti créé par le socialiste dissident Rémy Cosandey, lance une initiative pour la réduction à temps partiel (tiers temps) des mandats des conseillers communaux. Elle est acceptée par 67% des votants.

Dans la foulée, lors des élections communales de 1992, Droit de parole entre au législatif en obtenant huit sièges. Le POP en a sept sur 41 pour l'entier du législatif. Pour la première fois depuis 1956, ce dernier n'est plus présent à l'exécutif. Le sortant Charly Débieux n'est pas réélu. La présidence de l'exécutif, qui travaille à tiers temps, est assumée par le libéral-PPN Rolf Graber.

La «traversée du désert» sera brève pour le POP. En 1996, la gauche reprend le pouvoir. Les popistes gagnent un siège au Conseil général et Denis de la Reussille accède au Conseil communal, qui travaille désormais à mi-temps. La socialiste Josiane Nicolet devient la première femme à présider la cité horlogère.

Le Locle nage dans les chiffres rouges. Il est alors décidé de réduire le train de vie de l'administration communale. Libéraux-PPN et socialistes semblent s'entendre sur ce point. En novembre 1998, la fonction publique fait grève. Elle s'oppose à la baisse de 2% des salaires et à la suppression de l'allocation familiale.

Les communales de 2000 constituent le tournant. L'électorat de gauche sanctionne le PS, qui perd cinq sièges. Le POP lui passe devant avec 10 élus. Au Conseil communal, Claude Leimgruber rejoint son camarade Denis de la Reussille, qui devient président de la Ville. La socialiste Josiane Nicolas, seulement septième sur la liste PS au législatif, renonce à briguer un nouveau mandat.

Quatre ans plus tard, les comptes - le libéral-PPN Charles Häsler est aux Finances - s'affichent en noir. Droit de parole a disparu du paysage loclois. La gauche, en grande partie, récupère les sièges du mouvement défunt. Le POP obtient trois élus à l'exécutif. Marcelo Droguett y fait son entrée aux côtés des deux sortants. Les électeurs renforcent encore le rôle du POP au Conseil général, qui passe à 13 sièges. Il y a deux semaines, à l'occasion des dernières communales, il en a encore gagné cinq, essentiellement aux dépens du PS, et obtenu 41,8% des suffrages. /DAD

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