Le dernier sourire d'André Tinguely

19 janv. 2010, 11:20

C'était un homme fin, affable, plein d'égards pour autrui, un homme généreux, solidaire des petits, des sans-grade. André Tinguely s'est endormi dans sa 94e année. Ce Loclois pure souche était connu de générations de ses concitoyens, voire de gens d'autres lieux, tant il était engagé dans la vie publique et culturelle de son coin de pays. Il avait une fibre sociale très développée, son parcours professionnel en est la preuve.

Après une formation commerciale, il travailla au sein de ce qui était alors l'Office cantonal des mineurs, jusqu'à en devenir responsable pour les Montagnes. Il accomplit une formation d'assistant social en cours d'emploi, et s'occupait avec le plus grand dévouement des pupilles placées sous sa responsabilité.

Son engagement se vérifiait aussi dans la vie civique. Membre du Parti socialiste, il siégea sur les bancs du Conseil général du Locle, qu'il présida d'ailleurs avant d'accomplir deux législatures, de 1952 à 1960, comme conseiller communal directeur de l'Office du travail et de la police. C'est durant son mandat qu'il fonda, en compagnie du président de la Ville Henri Jaquet et de Marc Inaebnit, le Club des loisirs du Locle. Une idée, explique son neveu Charles-André Favre, qui lui était venue à l'esprit alors qu'il visitait Bruxelles lors de l'Exposition universelle.

Il y avait rencontré des gens qui pratiquaient des activités dans le sens d'un club des loisirs. André Tinguely restera toute sa vie fidèle à «son» club, dont il était président d'honneur. C'est lui aussi qui fut membre fondateur de ce qui était alors l'ASI (association suisse des invalides) de la section du Locle. De graves ennuis de santé, dans son entourage familier, l'avaient rendu sensible à la question.

Homme de grande culture, André Tinguely raffolait du théâtre et fréquentait assidûment Comoedia. Il aimait aussi la musique. Il avait créé le Trio Tinguely et son neveu se souvient très bien que lorsqu'il arrivait dans la famille, avec son acccordéon, c'était la fête!

Il fut instructeur tambour à la Musique scolaire. Il fit partie longtemps de la Sociale. Il chantait dans une chorale, à Berne, avec celui qui demeura son compagnon jusqu'à la fin de ses jours. Tous deux aimaient l'opéra, les ballets, les beaux voyages, les croisières sur le Rhin...

C'est une personnalité aimable qui nous a quittés, qui n'a cessé d'être un lien, un rassembleur. /cld