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Viticulteurs par passion

Les Français Elsa Lejeune et Jean de Laître ont découvert les fins palais des Montagnes «La ville la plus proche, c'est Perpignan, c'est à 50 kilomètres. On est vraiment paumé.» Il n'est pas courant de rencontrer une jeune viticultrice française à La Chaux-de-Fonds. Elsa Lejeune, propriétaire d'un domaine dans les côtes du Roussillon, était présente vendredi dans le Jura neuchâtelois pour faire découvrir dans une vinothèque de la place. Plus de 1000 personnes sont passées durant deux jours.

02 mai 2006, 12:00

«Je suis surprise de la réaction des gens», confiait la jeune femme. Elle présentait le résultat de sa première récolte, datant de 2003. Un vin d'une «complexité aromatique, qui reste fin et élégant», juge-t-elle. Le Roussillon est un vin «moins académique et qui joue plutôt sur la tendance». Les commentaires? «Que du bon, nous sommes vraiment à la mode.»

Sans formation

Auparavant, Elsa Lejeune travaillait dans le domaine du transport. Passionné par la viticulture, son père vend des cuves dans le Bordelais. Elle s'est finalement lancée à l'eau... Sans formation.

Une trajectoire qu'a aussi suivie le baron Jean de Laître. Lui, il était interne de médecine à Paris avant de racheter une terre dans le Bordelais et d'y planter la vigne. «Une création de zéro», dit-il. Sa première récolte de vin rouge date de 1992, celle de blanc, de 1993. Son vin, il l'a «enfanté. Quand on est passionné, on n'a pas besoin d'être courageux, souligne-t-il en évoquant son parcours. C'est un métier où on apprend toujours, une école d'humilité».

Une crise profonde

Aujourd'hui, sur 18 hectares, il produit 80.000 bouteilles de rouge et 20.000 de blanc sous l'étiquette Château Le Thil Comte Clary. La branche est-elle en danger? «La crise est profonde. Les vins de qualité continueront d'exister. Les vins qui n'ont pas de marché disparaîtront, estime Jean de Laître. En France, il s'est planté plus de vignes qu'il n'était raisonnable d'en planter. Le bon côté de la crise, c'est que ce sont les bons vins qui resteront. Le consommateur, à terme, sera gagnant.» Les prix seraient-ils surfaits? Pour le baron, dans le vin, «on doit parler de rapport plaisir-prix et pas qualité-prix». / dad

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