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Unia s'oppose au projet d'extension des heures d'ouverture des magasins

Unia s'oppose avec force à l'extension des heures d'ouverture des magasins neuchâtelois. Le syndicat fait circuler une pétition dans le canton. Elle sera remise mardi au Grand Conseil. Faute d'avoir pu faire entendre les revendications des employé(e)s de la vente, le syndicat Unia s'emploie à faire capoter un pan du projet de nouvelle loi sur la police du commerce et des établissements publics. Syndicaliste et député socialiste, David Taillard animait hier un stand à La Chaux-de-Fonds pour étoffer de signatures la pétition «contre une prolongation des heures d'ouverture des magasins dans le canton de Neuchâtel».

19 juin 2008, 12:00

Le combat d'Unia ne date pas d'hier, rappelle le responsable du dossier: «Le sujet est sur la table depuis six ans. Nous n'avons cessé de demander des clauses précises sur les salaires et les conditions de vie du personnel de vente pendant et hors des heures de travail.» Rien n'est venu, assure le secrétaire syndical, qui conçoit le projet de fusion des actuelles loi sur la police du commerce et loi sur les établissements publics comme «un petit sucre à la droite mais sans contrepartie pour le personnel de vente». Or, écrit le syndicat, «les métiers de la vente sont en grande majorité exercés par des femmes qui se trouvent confrontées à des problèmes de garde de leurs enfants».

Avant de parler d'horaires d'ouverture plus souples, le syndicat considère indispensable de lever les inconnues de l'équation. «On ne peut pas libéraliser sans se préoccuper des conséquences. C'est pourquoi nous refusons toute extension tant que nous n'aurons pas de solution globale», ressasse David Taillard. Il rappelle que garderies et crèches ferment à 18 heures, voire plus tôt les vendredis, et qu'aucune garde n'est organisée les samedis. Dans ces conditions, Unia imagine mal comment une vendeuse pourrait concilier travail et éducation de ses enfants. Si ce n'est en combinant crèche et garde particulière. «Ce métier est très faiblement rémunéré; la double facture de garde rendrait le travail de la vendeuse financièrement inutile. Derrière l'extension des horaires du personnel de vente se trouve un vrai problème de politique sociale», renchérit Janique Perrenoud, vendeuse et vice-présidente d'Unia Neuchâtel.

Les deux syndicalistes en sont persuadés, le pouvoir d'achat ne va pas augmenter à la mesure des extensions d'horaire. «Il n'y aurait donc pas de créations d'emplois, mais certainement des heures creuses durant lesquelles les magasins ne voudraient pas payer du personnel. Ce qui aurait pour effet de développer le travail sur appel.» Ce contre quoi le syndicat se bat, rappelle David Taillard.

La suppression du demi-jour de fermeture contrarie aussi Unia. «Si le magasin est fermé, cela ne signifie pas qu'il est vide. Le personnel s'occupe du rangement et des rayons. En cas d'acceptation de la loi, le personnel de vente devrait assumer ces tâches tout en restant au service des clients. Avec le sourire en prime», dénonce le secrétaire syndical. «La pétition que nous déposerons mardi au Grand Conseil rappelle ces points.» / STE

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