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Une cinquantaine de policiers pour un écart de conduite

Une soirée à la Braderie et une marche arrière intempestive ont valu à Jo une intervention policière très musclée, avec déploiement du groupe Cougar. Du délire, a lancé son avocat devant le Tribunal de police. On est prié de ne pas rigoler avec la loi sur la circulation routière en ville de La Chaux-de-Fonds, où le zèle de la police est évoqué de temps à autre devant les tribunaux. Jo (prénom fictif) l'a appris à ses dépens, lui qui a déclenché par mégarde une sorte de tsunami bleu marine et qui comparaissait jeudi devant le Tribunal de police. L'avocat de Jo a résumé ainsi l'affaire: «On nage en plein délire!» Il est vrai qu'on ne voit pas tous les jours le groupe d'intervention Cougar se déployer pour une histoire de marche arrière intempestive!

04 nov. 2007, 12:00

Vendredi soir de Braderie, Jo est de la fête. D'un naturel sobre, il quitte les lieux au petit matin avec seulement deux bières au compteur. Ce qui ne l'empêche pas de fourvoyer sa voiture dans le périmètre de la fête. Empêtré entre barrières et sens interdits, il pousse du pare-chocs une camionnette qui l'empêche de faire demi-tour. Une man?uvre qui, son avocat le souligne, ne provoque de dégât sur aucun des deux véhicules.

Avant de rentrer chez lui, Jo fait un saut au bureau. C'est alors qu'il vaque à ses occupations que lui parvient de l'extérieur, par porte-voix, l'ordre de se rendre sans faire d'histoires. Plusieurs policiers ont encerclé l'endroit. Jo panique, refuse de sortir, campe sur ses positions. La situation se fige.

«J'étais à la maison quand des policiers sont arrivés, ils voulaient savoir où était mon mari, ils ont exigé que je les accompagne», raconte Cristina, l'épouse de Jo, entendue comme témoin. «Je n'ai rien compris, à part que mon mari était enfermé.» Très remontée, elle raconte: «Devant ma fille de 13 ans, un policier a dit que mon mari allait peut-être se passer la corde au cou si je ne faisais rien.» Personne n'a la moindre idée de ce qu'on reproche à Jo qui, retranché dans son bureau, communique avec sa femme par mobile.

Cristina, qui ne veut pas laisser en plan les cinq enfants dont elle a la garde, refuse toujours de suivre les gendarmes, de plus en plus nerveux. «Dans mon pays, la police n'est pas très nette», commente cette Sud-Américaine. «Là, ils étaient stressés et se comportaient comme si c'était très grave.» Elle finit par rejoindre Jo, qui se rend, en la voyant. Mais la colère de la jeune femme redouble: «Il y avait plein de flics avec des fusils énormes et des cagoules sur la tête.»

Car, entre-temps, le groupe d'intervention Cougar - troupe d'élite spécialisée dans les prises d'otages et les menaces terroristes - a été déployé en renfort! Une bonne cinquantaine de policiers tiennent la place et c'est un bataillon armé jusqu'aux dents qui signifie enfin à Jo, médusé, qu'il a commis... une infraction à la loi sur la circulation routière!

«Je paniquais vraiment», explique le prévenu. «J'en étais à me demander si je ne ressemblais pas à quelqu'un qui aurait commis un meurtre à la Braderie ou quelque chose comme ça.» Son épouse raconte que ses enfants sont très choqués et changent désormais de trottoir à la vue d'un uniforme.

Au final, Jo sera condamné à 10 jours-amende à 20 francs, avec sursis pendant deux ans, pour s'être opposé à une prise de sang à la fin de l'intervention, plus 100 francs d'amende pour avoir circulé dans un périmètre interdit. On ne l'y reprendra sans doute plus... / SAB

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