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Un frelon en 3D sans beaucoup de piquant

Un gosse de riche insupportable fait la paire avec un domestique zélé mais un tantinet insolent pour jouer aux super-héros… La première incursion du cinéaste «auteuriste» Michel Gondry dans le domaine de la superproduction hollywoodienne promettait beaucoup, trop sans doute!

12 janv. 2011, 11:48

Débutant sa carrière aux Etats-Unis, le Français Michel Gondry s'est fait connaître en réalisant des clips vidéo délirants d'inventivité pour la chanteuse Björk. Il a abordé la fiction long-métrage en 2001 avec «Human Nature», comédie décalée aux accents rousseauistes. Trois ans plus tard, ce passionné de musique s'est montré encore plus convaincant avec «Eternal Sunshine of The Spotless Mind», en expérimentant sur Jim Carrey un procédé très amer permettant d'éliminer tout souvenir de l'être aimé.

Revenu en France, il y a bricolé son film le plus attachant, «La science des rêves» (2006) où un jeune rêveur, en émule du plasticien Thomas Hirschhorn, s'invente une émission de télévision «en carton» pour épater Charlotte Gainsbourg. En regard de son œuvre atypique où la plus haute technologie côtoie souvent le matériel de récup, l'annonce improbable de l'implication de Gondry dans «The Green Hornet» («Le Frelon vert») a fait saliver plus d'un cinéphile! Autant annoncer tout de suite la couleur, le résultat, hélas, ne convainc qu'à moitié. Ne lui en voulons pas trop: appelé d'urgence sur un tournage en perdition, Gondry a sans doute fait ce qu'il a pu…

La source de ce demi-échec est à chercher dans le scénario, écrit avant l'arrivée du Français sur le plateau par Seth Rogen, comique très porté sur le verbe, découvert par Jude Apatow («En cloque mode d'emploi»).

Tout en conservant l'argument de base de la «vieille» série télévisée d'origine, Rogen l'a accommodé à la sauce du «buddy movie» appariant deux héros dissemblables qui se bombardent de répliques vachardes.

Pris dans ce corset de dialogues, Gondry, de toute évidence, n'a pas pu se laisser aller à ses délires visuels coutumiers, se fendant ci et là de citations cartoonesques savoureuses et d'une utilisation géniale du split screen qui divise l'écran en plusieurs images.

Entre nous, le fait que Rogen joue le rôle du Frelon n'a pas dû arranger les choses… Preuve indubitable de cette «timidité» visuelle, la 3D, certes agréable à l'œil, n'ajoute guère au spectacle! Le spectateur devra donc souvent patienter avant de voir Britt Reid, alias le Frelon vert, et Kato, son faire-valoir très manuel joué par la star de la chanson hongkongaise Jay Chou, s'emballer un peu dans leur traque du salaud de service. Dans le rôle de ce dernier, Christoph Walz, le nazi rhétoricien de «Inglourious Basterds» cher à Tarantino confirme certes tout son méchant talent, mais cela ne suffit pas à nous consoler, d'autant que Cameron Diaz, en secrétaire impavide du super-héros, se fait plutôt rare. /VAD


Réalisateur:
Michel Gondry
Genre: action, comédie
Durée: 1h59
Age: 12 ans
Avec: Seth Rogen, Cameron Diaz, Stephen Chow
Cinémas: Arcades, Neuchâtel; Plaza et Scala 1, La Chaux-de-Fonds

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